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Allez tiens, je vous invite à l'exploration de l'œuvre de l'ami Marlon Riggs, ce black américain gay ayant marqué son temps par ces petites réflexions sur sa condition. On commence chronologiquement avec ce doc d'une heure, Ethnic Notion, qui devrait servir de film de chevet à l'ami Spike Lee. Il est en effet question ici des représentations du black au cours du XXème siècle, dans les films, dans les spectacles, dans les figurines et autres bibelots à la con, dans la pub, et... Tout y passe (sauf Annie Cordy) au niveau des représentations caricaturales de ce noir avec ses lèvres énormes, sa sauvagerie, son sens du rythme, hein, surtout, et son rire bien gras... De multiples extraits d'œuvres cinématographiques sont présentes (de La Naissance d'une Nation à Judge Priest en passant par Le Chanteur de Jazz et The Emperor Jones) mais sont également les "personnages" marquants qui ont mis le Black, une bonne fois pour toute, dans une case à l'image de ce Jim Crow, ce chanteur aux allures de doux dingues repris ad vitam nauseam... Les dessins, les portraits, les caricatures sont gratinés et, on a beau les connaître, cette accumulation de représentation à charge met toujours le cœur au bord des lèvres. Oui, le Noir, ce sauvage qui s'entend si bien avec ses congénères les animaux de la brousse et des marais, ce danseur virevoltant qui se marre à chaque pirouette, ce beau parleur qui ne se prend jamais au sérieux, le con, ce chanteur à la voix de stentor qui réveillerait toute la brousse - on y retombe... Différents universitaires se relaient pour revenir sur ces caractérisations grotesques et sur cette systématisation qui finit par marquer les esprits de nos amis les blancs comme nos amis les noirs eux-mêmes (une représentation qui prend des proportions de véritable trauma culturel). L'homme black en prend pour son grade (le flic bourrin, eheh), mais la mama n'est pas oubliée : une femme gironde, noire comme la nuit (tout l'opposé de la femme fine au teint d'albâtre - tiens, bizarre) qui, dans son foyer, mène à la trique son mari et ses enfants (tout l'opposé de la bonne épouse blanche soumise et obéissante - tiens, étrange...). Oui, les caricatures ont la vie dure et quand on voit l'évolution de la représentation de la bonne mama-ménagère des années 10 aux années 80, on se dit qu'on n'a pas vraiment évolué en cours de route. Bref, petit rappel nécessaire pour mettre à jour la petite manipulation et propagande représentative (l'historique du black face vaut également son poids en cirage) auquel eut droit malgré lui ce bon noir (qui sait rester bon enfant et rire de toutes ses dents en toute occasion - heureusement, il aurait pu sinon avoir des rêves). Un doc copieusement illustré, des intervenants sachant aller droit au but, un rappel... forcément édifiant - oui, il serait temps que les temps changent, un brin... Black blues.

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