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Allez, cela faisait longtemps qu'on avait pas succombé à une petite chose sur Shanghaï... McGuire décide de traiter du fameux business du mariage en Chine et en particulier de celui des photos de pré-mariages sur Shanghaï. Elle s'intéresse ainsi à ces jeunes couples plus avides de faire la même chose que les autres que d'avoir un souvenir authentique, à cette compagnie menée par un jeune millionnaire entouré de pantins, que dis-je, de toutous américains en guise d'assistants ou encore à ce petit côté plus charitable d'une association qui propose de prendre en photo des couples (ultra-vieillissants) qui n'ont pas franchement eu l'occasion de le faire à leur époque (la révolution culturelle n'étant notamment pas la période la plus faste pour s'exposer et faire le mariole avec des signes extérieurs de richesse, voyez...). Alors oui, c'est vrai, pour nous, pauvres âmes occidentales décadentes et individualistes, ce besoin de faire comme tout le monde nous apparaît, au mieux, tristement ridicule... D'autant qu'en terme de photos kitsches, le Chinois, il tient le pompon et le tirelibibi : la photo sur décors en carton pâte pseudo occidentales (check), la photo genre matrix (check), la photo sous-marine (check check), la photo pseudo-romantique avec toutes la collection de merdouilles kitschouilles (ballon, peluche, love love, smile, bisou forcé...), bref, on a la totale et on se marre bien devant ces pauvres couples qui doivent faire parfois semblant de s'aimer "pour la photo" (une femme non mariée à 28 ans, je le rappelle, est "out" - du coup, vaut mieux parfois prendre le premier qui se présente). On rit mais, bon on connaissait malheureusement le principe. On rit un peu plus jaune devant ce jeune petit ricain suce-boule qui suit comme sa queue un chien : au service du jeune ponte du mariage chinois (2000 clients par jour, comme Shangols finalement sauf que personne ne nous laisse 1500 euros à chaque visite), il lui sert la soupe, fait ses discours de bienvenue à deux balles, sourit toujours, ramasse ses fringues, le caresse dans le sens du poil - la réussite, cela laissera toujours rêveur nos petits capitalistes en herbe - le plus ridicule, dans l'histoire, c'est sûrement lui, car il n'a pour le coup pas la moindre excuse culturelle... Il est donc aussi question de ces pauvres vieilles, souvent liquides, qui, avec certes des budgets moindres et un cadre moins exotique en carton, endossent sur le tard ces "magnifiques" robes de mariée, là encore "pour la photo". Le ridicule n'a pas besoin de tuer dans ce cas-là vu que ce costume précèdera de peu celui qu'ils mettront dans la tombe... Oui, on est encore dans le symbole et cela pourrait presque paraître touchant pour ces petits vieux "oubliés" du système si le costume de mariage leur seyait mieux qu'un costume de clown - ce qui n'est pas le cas... Cela émeut, malgré tout, les vieux, alors bon laissons-leur ce dernier rêve avant Alzheimer... La photo, au final, juste un symbole pour garder la face ? Il suffit de prendre le cas suivant pour tenter de répondre à la question : une femme, la cinquantaine, a éprouvé le besoin sur le tard (elle n'avait pas pu le faire à l'époque) de se faire photographier dans une robe de mariée (la coutume dorénavant pour tout pré-mariage)... après son divorce (sur un plan narratif on pourrait parler d'analepse dans la prolepse ou vice-versa...) : c'est juste le summum de l'absurde... Oui mais le paraître est plus important que l'être, dit-on parfois... Etonnant, oui. Un doc qui, en tant que tel, est loin d'être brillant dans sa composition (les informations données sur la Chine et son histoire sont très basiques), mais qui permet d'exposer gentiment un véritable sujet de société totalement incontournable dans la Chine actuelle. Toujours ça de pris en plus des vues aériennes sur Shanghai... (en bonus, le pauvre laowai qui va dans l'aquarium pour se fiancer avec sa prune shanghaïenne - eheh : l'amour pique les yeux...)

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