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Ah, on a beau aimer la satire sous toutes ses formes, il faut bien reconnaître que cette première œuvre de Robert Downey Sr. (heureusement courte) nous a accablés... Un montage épileptique, des acteurs qui s'agitent dans tous les sens et lancent des dialogues sans queue ni tête, une absence totale de scénario : c'est le grand foutoir dans cette toute petite chose bâclée qui montre un président fraîchement élu (Taylor Mead, l'acteur fétiche d'Andy Warhol, tout mou et nasillard) conseillé par des bras cassés ; il est question d'invasion chinoise, de désarmement en Albanie, de problème de ségrégation, bref de problèmes bien ricains traités ici par dessus la jambe. On veut bien admettre le petit côté bordélique et je-m'en-foutiste, why not, c'est l'époque, le problème c'est que les différents acteurs doivent se croire proprement hilarants et ne le sont pas, que les débats doivent se prendre pour hautement caustiques et ne laissent qu'un goût de soude amer. On pioche ici ou là quelques références (Franny et Zooey de Salinger, écrivain élu de Dieu, puis détrôné par Robert Frost - ok) mais l'ensemble tourne en rond et on a tôt fait de décrocher devant ces pantins qui ânonnent leur bla-bla pour dire tout et n'importe quoi - les conseillers étant souvent cons comme des bidons et un poil sectaires. Une sorte de joyeux pétard qui devait faire marrer les initiés mais que l'on regarde de ce côté de là de l'Atlantique comme un gloubi-boulga d'idées agitées de façon saugrenue, une sorte de dénonciation de la politique ricaine affreusement creuse... On tente de s'accrocher pour suivre ces productions du gars Robert, mais avouons que cette chose nous est passée totalement au-dessus de la tête. Bavard, drôle comme un pet mouillé et affreusement auto-suffisant. Les acteurs ont dû s'amuser à tourner cette pantalonnade. On l'espère pour eux, gardant pour nous notre désarroi...

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