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Sept samourais isolés, le reste du monde contre eux, mon titre est celui d'un film réalisé par Kurosawa avec Toshirô Mifune... Je suis, je suis... Sanjuro bien sûr, bande de petits malins. Okamoto nous offre une version tragico-grand-gignolesque du bouquin de Yamamoto et, avouons-le sans fard, c'est un régal. C'est un régal parce que non seulement on retrouve l'incomparable Tatsuya Nakadai (il est totalement héroïque sans jamais toutefois se prendre vraiment au sérieux : il croit autant à l'esprit des samouraïs (lui qui en fut un avant de devenir un vagabond) qu'au refroidissement climatique), mais aussi parce qu'on a droit ici autant à notre dose de combats superbement réglés (quand ça charcle, ça charcle) qu'à notre envie de bouffonnerie. L'histoire, plus complexe au départ qu'elle n'est vraiment, concerne sept types qui décident d'assassiner un Chamberlain en pensant sauver leur clan... Seulement voilà, cette mission n'était qu'un piège pour les mettre à l'écart et les éliminer... Ils se retrouvent sur une montagne en attendant de subir un assaut forcément fatal... Forcément, forcément, pas sûr, parce que deux étranges vagabonds, Nakadai et Takahashi (as Tabata), sont prêts, le cas échéant, à leur prêter main forte... Nakadai, pour tenter de régler des vieux comptes avec lui-même et avec son passé, Takahashi, parce qu'il aime bien notamment ce dernier... Une poignée d'hommes contre le reste du monde, c'est une sacrée paire de manche, mais le combat n'est en rien perdu d'avance...

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Une bande musicale et des rues désertes soufflées par le vent dignes d'un western morricono-léonien, des personnages qui errent, qui ont faim, qui semblent au bout de leur vie, mais qui sont encore capables, sans doute, pour une question de justice, galvanisés au besoin par l'amour ou l'amitié, des exploits les plus incroyables : Nakadai, en tant qu'ex-samouraï, est capable de faire le ménage face à une tribu d'hommes armés ; Takahashi, en tant qu'aspirant samouraï, est capable de soulever des montagnes... ou en tout cas le pilier central d'une baraque - lors d'une scène aussi impressionnante qu'hilarante. Ces deux-là sont assez imprévisibles et cassent quelque peu les codes du samouraï droit comme un sabre (Nakadai est totalement désillusionné - il ne cesse de chambrer son pote sur "l'esprit" du samouraï) ou du couillon incapable (Takahashi est une brute mais qui prend systématiquement la défense des personnes les plus en danger, oubliant souvent au passage son aspiration première - devenir samouraï, justement). Ils sont toujours là pour apporter leur dose de "poil à gratter" face à cet homme ignoble qui a soif de pouvoir et qui tente de manipuler son petit monde. Deux magnifiques personnages au sein d'un film dont ce n'est pas la moindre des qualités : des trahisons à la pelle, des combats qui déchirent, une pléthore de personnages joliment dessinés et mis en scène (les sept samouraïs ont chacun leur caractère ou encore ce chasseur de prime amoureux d'une prostituée), du bon vieux rire bien gras et une pointe de romance en prime. Okamoto est toujours à la frontière entre comédie et film d'action et réussit parfaitement sur les deux tableaux - ce qui est loin d'être facile. Il tord quelque peu le cou à ces films de samouraï un peu trop sclérosé, apportant au genre une subtile dose de dérision tout en suivant un cap solide, crédible (et réalise un final que n'aurait pas renié Jacques Demy, c'est pas peu dire). Kill, un film résolument saignant avec du gros rire qui tâche : forcément immanquable dans le genre.

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