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Ah, il fut un temps, où on savait faire de la musique, gentes dames, sans voice coder à la con (pardon, je m'emballe d'entrée de jeu)... Une guitare, une voix, un texte et hop, c'était plié. Oui, bon après, c'est vrai que cela manquait sûrement d'un peu de batterie, je dis pas... Lerner nous embarque pour le festival folk de Newport entre 1963 et 1966... Un public de djeun's (blancs) à l'allure bien gentillette qui viennent se régaler les oreilles avec leurs songwriters préférés : on découvre notamment avec effarement que Si j'avais un marteau, chanté par Peter, Paul & Mary, n'est pas une exclu française (l'original date de 1949 (!), je le dis si vous vous êtes inscrit à Questions pour un Champion - Putain, Claude François, toujours su que c'était un suceur) ou on vibre devant des chansons plus engagées où il est forcément question de Vietnam. Le public est loin d'être composé d'hippies sentant le patchouli et le fromage de yack, mais avouons tout de même que ces jeunes-là ont une capacité indéniable pour s'endormir dans toutes les positions possibles et dans n'importe quel petit coin paisible quand la tente fait défaut (palme d'or pour ceux en équilibre sur leur scooter : bien joué !). Entre des morceaux où l'on retrouve avec plaisir, dans tout l'éclat de leur jeunesse, Joan Baez, Bob Dylan ou Donovan (où ce bon vieux Johnny Cash qui mâchouille son chewing-gum entre deux couplets sortis des tréfonds de la terre), on a droit à quelques interviews furtives de nos stars ou de simples spectateurs amateurs (en herbe) de musique : le folk semble définitivement plus abordable que la harpe et chacun semble avoir une guitare dans sa poche et une petite chanson dans sa tête - de la simplicité et du partage, nom d'une pipe ; c'est un public qui vient sinon écouter religieusement ces voix qui percent la nuit comme le jour loin dans grands barnums musicaux avec des scènes bourrées d'enceintes : on est surpris de voir le minimalisme de la scène (surtout de jour) ce qui donne encore plus d'éclat au charisme et à la pureté de certains chanteurs... Après, faut être fan de l'harmonica ou du banjo, c'est clair... Du folk pur et dur, oui, mais aussi des airs qui dérivent vers le blues, vers le gospel (il y a définitivement plus de blacks sur scène que dans le public), voire vers le rock (Dylan, en pleine bourre avec ses musiciens, avec une voix, à l'époque, qui avait encore de la gueule). Baez s'impose comme une figure de proue et ses petits discours apaisés font souvent mouche : elle se pose comme une sorte d'alternative aux politiques (Républicains et Démocrates dans le même sac) offrant "amour et vérité" à ces auditeurs en quête de liberté - ô Jeezussss ô Lord, thanks Joan... Lerner nous livre une petite compile de ce festival de ces années-là, mêlant public, philosophie zen et musique ; un générique très garni qui permet d'écouter et de découvrir parfois certaines voix enfouies dans ce passé pas si lointain : un festival de guitare-voix plein de foi en des lendemains qui chantent... Le combat continue, Bob. Apaisant, pour sûr (et ce malgré une danse folklorique en début de doc bien fendarde).

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