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Toujours un plaisir de découvrir un petit doc consacré au maître Ozu : de sa tombe ("Mu"; l'inscription mythique, ou la recherche permanente de la disparition de l'égo) à son fameux trépied responsable des plans tatami (le "crabe-tripode" déballé avec un soin de malade par les responsables des musées : le Japon, l'art de l'emballage et du respect) , il y a quelque chose d'un peu fétichiste dans cet hommage qui n'est pas déplaisant pour le fan. Sont conservées dans divers musées des "reliques" du personnage : si son chapeau en toile blanc est pour le moins anecdotique, certaines tasses peintes à la main (que l'on retrouve dans ses films) ou encore ses scenarii manuscrits agrémentés de story-boards sont fort intéressants ; on se rend compte que Ozu plaçait stratégiquement certains objets dans son décor pour donner une couleur (en adéquation avec un personnage) - cette splendide bouilloire rouge qui se "télé-transporte" d'un plan à un autre -, tout comme certaines peintures ou affiches qu'il choisissait avec soin ; il est ainsi responsable du design des enseignes lors des plans de rue. Quant à son travail de préparation, on se rend compte que chaque découpage de scène était pensé à l’avance, précieusement annoté. Bref, le maître contrôlait tout, en particulier l’aspect de ses derniers films en couleurs : il est évident que l'homogénéité des tons (Truffaut avait la même obsession) est due à un souci esthétique constant - ah, monsieur, c'était autre chose que ces films rutilants multicolores qui donnent mal à la tête... On exhume donc certains objets ayant appartenu au cinéaste (les précieux mini-carnets de son journal intime) mais il est aussi question de son travail de scénariste en collaboration avec Kôgo Noda : plus les compères, retirés du monde, buvaient du saké, plus le scénario s'affinait - au vu des dizaines de bouteilles de saké accumulés lors des derniers films, point étonnant qu'il y ait autant de chef-d’œuvres. Oui, le maître savait boire, savait le moment voulu lâcher quelques blagues avec ses acteurs mais il semblerait bien que lors des tournages, rien, absolument rien, ne pouvait échapper à son œil aiguisé. Une vie entière dévouée au cinéma, à cet art qu'il porta, disons le gaiement et fièrement, à son firmament. Osez Ozu, ses œuvres sont éternels. Mu.

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