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Nous voilà dans l'art brut, Michael Bay pouvant aisément prétendre au titre de réalisateur de blockbuster le plus ringard de ces temps modernes. Le scénario est pourtant en soi passionnant puisque des Marines se retrouvent opposés à des Marines - autant dire que quel que soit le nombre de morts, on ne peut qu'y trouver son compte. Au milieu de ses bourrins (Ed Harris menaçant de tout faire péter si on honore pas la mémoire de soldats morts en secret au combat - en face une équipe gouvernementale de bourrins pré-trumpistes prêts à sacrifier une centaines d'otages sans tiquer), deux hommes : Sean Connery (l'hommage me coûte), chenu, cheveux longs, emprisonnés depuis deux siècles, un agent anglais spécialiste d'Alcatraz ; son acolyte pour aller désamorcer les bombes n'est autre que Nicolas Cage, son jeu tout en finesse, son humour de matador. Il est fort et rusé, il est méticuleux et rusé. A eux deux, ils peuvent sauver le monde. Bay décide sur deux heures quinze infinies de tout faire péter, se payant le luxe au passage d'une course-poursuite destructrice dans les rues de San Francisco, histoire de faire un clin d'œil aux maîtres, histoire de montrer surtout qu'il ne leur arrive pas à la cheville. La course dure des plombes, ne sert strictement à rien au niveau de l'intrigue (Sean s'échappe pour revenir tout de suite dans le giron du gouvernement - il voulait juste voir sa fille (!!!!!) qui disparaitra dans la foulée de l'histoire), un peu à l'image de toutes ces explosions, de toutes ces pétarades, de tous ces militaires qui s'entretuent pour aboutir à rien - si ce n'est un Sean qui retrouve la liberté, finalement... Les dialogues sont indigents (Ok ? Ok !), l'humour est bas du front (Sean : « depuis que je suis sorti de prison, je ne risque plus de me faire violer en bande dans les douches ; même si ces derniers temps, le danger était moindre, je dois être moins sexy » - poilade assurée), les scènes d'action s'enchainent sous la musique tonitruante de Hans Zimmer (l'homme qui te pète un tympan avec un triangle), on regarde cela totalement éberlué devant tant de violence gratuite et d'explosion for nothing. Connery et Cage tentent tant bien que mal de sauver le film du naufrage par leur alliance contre nature, tentant en pure perte de sauver toutes les fissures scénaristiques de ce rock qui s'effrite lentement en route : les rebondissements sont minables (Harris qui tue des militaires en voulant sauver la mémoire de militaires ; Harris le sanguinaire qui devient tout tendre quand il faut passer à l'acte : on ne va pas tuer gratuitement des hommes, ben non...), les ficelles éculées (Sean récipiendaire des secrets du FBI, de l'assassinat de Kennedy au clonage de Céline Dion en dinde), tout à l’avenant… Une honte pour Criterion que d'avoir signé avec e-Bay (et Armageddon sinon, c’est pour quand ? Ta gueule). Bon ça s'est fait, Connery peut définitivement reposer en paix (Il y a Le Nom de la Rose, sinon, ou Highlander ? C'est bon, ça va? lààà...)

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