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On passe en quelques jours avec une aisance de ouf d'un film sur les dromadaires à un film sur les éléphants : le mythe Flaherty et Korda (Zoltan) à la direction, une nouvelle de Kipling quant à l'adaptation et dans le rôle-titre la future mini star Sabu, le gamin qui murmurait aux oreilles des éléphants, bien qu'il soit petit, bien qu'elles soient grandes. Alors, j'en conviens immédiatement, le film n'est pas très éco-friendly en soi puisqu'il s'agit ni plus ni moins de partir avec une centaine d'hommes dans la jungle (une bonne partie à dos d'éléphant) pour capturer, justement, des éléphants. On imagine bien que le film n'est pas l'œuvre de chevet de toute écologiste qui se respecte ; personnellement, il me faut bien reconnaître aussi que ces pauvres éléphants traqués qui lancent des barrissements effrayés ont une certaine tendance à laminer les oreilles de tout ami des bêtes : j'en garde encore des échos dans les tympans et je n'avais pas eu un tel sentiment de dérangement sonore depuis la dernière chanson de Céline Dion. Mais revenons à nos moutons. Elephant Boy est l'histoire on ne peut plus tragique de Sabu qui, parti à la chasse, ne va pas perdre sa place mais son père - un face-à-face avec un tigre qui tourne mal. Le gamin, orphelin, est, qui plus est, non seulement chambré par ses pairs cornacs (des adultes qui se moquent de ses capacités à chasser des éléphants et qui se trompent, forcément) mais risque en plus de perdre son propre éléphant... Vexé, chahuté, horrifié, notre gamin va s'enfoncer avec sa bête dans la jongle et devenir sur un coup de grâce un véritable héros...

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Bien, au-delà du fait que ce gamin joue comme un carambar, que ce scénario nous dérange aux entournures et qu'il n'y a pas franchement de mésaventures trépidantes, reconnaissons aux deux réalisateurs une certaine fascination pour ces bêtes filmés sous tous les angles, dans tous leurs états d'âme : l'éléphant poli et dressé qui t'aide à monter sur son crâne ou à t'aider avec sa trompe à piquer des noix de coco ; l'éléphant en colère qui fonce sur tout ce qui ne bouge pas explosant au passage les cahutes des autochtones ; l'éléphant joueur qui aime à prendre son bain et se languir dans l'eau ; l'éléphant, chassé, stressé, qui se précipite dans en enclos comme un mouton en hurlant à la mort comme un damné.... Notre dose d'éléphants, on y a droit, et on sent que les deux hommes ont tout fait pour rendre l'animal déjà spectaculaire en soi le plus phénoménal possible... A côté, ce con de tigre qui fonce tout droit sur la caméra ou ce pauvre lémurien qui se fait capturer comme une fleur n'apporte que peu d'éléments sauvages à cette œuvre. Bref, un film avant tout pour éléphantophyle. Au final, tout de même, notons que cette œuvre nous montre aussi tout le côté sauvage de nos frères humains tout content de traquer des grosses bêtes... Sabu, pour sa part, démontre que malgré sa taille il est déjà aussi conquérant que ces couillons d'adulte et on a un peu de peine pour ce cornac en herbe si fier et protecteur de son éléphant mais participant à sa domestication à grande échelle. Une œuvre documentaire d'un autre temps, à tout prendre, quand il y avait encore des éléphants en nombre... On pourrait s'en contenter, je ne le ferai point.

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