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McGuane est un écrivain de poids. Et un piètre cinéaste. Heureusement, il s'est contenté avec cette adaptation de l'un de ses propres bouquins d'un seul essai... Cette oeuvre, décousue, est malgré tout assez typique des années 70 où l'on pouvait se lancer dans l'aventure cinématographique avec une poignée d'acteurs et une trame a minima... Les têtes d'affiche (...) sont Fonda (Peter, ici mou et débonnaire), Warren Oates (irascible) et le regretté Harry Dean Stanton en observateur neutre... Ces trois-là se tirent la bourre comme guide-accompagnateur de pêche à Key West ; Oates et Fonda, en particulier, montent dans les tours : le premier joue un tour de cochon au second en embarquant ses clients (Fonda les cherche partout, ils attendent tranquillou au bar - c'est ce qu'on appelle un bizutage un peu bourrin) ; Fonda brûle alors le bateau de Oates – une revanche un peu violente, oui (mais enfin, un peu d’action…) ; Oates lui promet alors gentiment de le descendre s'il continue son activité de guide. Fonda, avec un bateau flambant neuf, n'écoute point les avis des uns et des autres et se lance à son compte dans le business... Outre les petits accrochages entre nos trois gus (que l'on ne voit, soit dit en passant, jamais bosser), il sera également question de leur compagne (celle de Stanton, une ancienne majorette à la jambe leste ; celle de Fonda qui s'habille d'un rien) et du père (totalement azimuté) et grand-père (guère mieux) de Fonda. On discute le bout de gras, pas grand-chose se passe, comme si tout le monde attendait tranquillement le drame final...

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On se faisait au moins une joie de découvrir les bons coins à pêche de Key West (…), mais même sur ce point il faudra se contenter de la portion congrue : deux-trois ballades en mer et un épisode de pêche vite avortée... On se noie sinon dans ces histoires de mâles - à celui qui roulera le plus des épaules : même pas peur - et dans cette guerre des bouchons qui ne riment finalement à pas grand-chose (surtout que côté touristes, c'est pas la foire...). On assiste donc à ces petites tranches de vie prises sur le vif mais tout cela n'évolue guère, la dramatisation (en dehors de cette menace de mort) étant relativement lâche et l'intérêt des discussions pratiquement nul. Bref, on s'ennuie, et on aurait presque préféré passer 90 minutes avec une canne entre les mains sans même avoir de touches. Pour dire. McGuane a bien fait de retourner à sa page blanche. On n’est pas si loin ici du degré zéro.

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