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Il est bon parfois de se faire une petite panade dite "horrifique" histoire de voir si on est encore capable de se taper sur la cuisse devant un film. Le "cinéaste" s'appelle Craig, soit un prénom parfait pour un film gore, et Zobel, soit un nom parfait pour un film de série z qui se respecte. Le point de départ est toujours un peu le même : une douzaine de personnes se retrouvent comme des cons au milieu d'un champ. Que font-ils ici bon sang ? Une caisse se trouve dans le dit champ et dans la dite caisse : des armes ! Trop cool ! Et c'est là généralement qu'ils se font canarder, la petite pépette de service se faisant même arracher la tête par ce que l'on estimerait aisément être du gros calibre. Ensuite, c'est le carnage, nos amis étant la cible de tueurs sans pitié : grenades, flèches, fosse à pals, gaz... les mises à mort sont variées et assez réjouissantes. Seulement forcément, une petite poignée de ces proies éperdues se glissent entre les mailles du filet... et se demandent comment sortir de ce cauchemar en plein milieu... de la Croatie.

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Zobel, après avoir fait le job dans la première demi-heure, lâche un peu son scénar qui partira jusqu'au bout en eau de boudin - heureusement, là encore, on a l'habitude. Au passage, il tentera de faire pour la forme quelques petites incursions dans des problèmes sociétaux - genre le réchauffement climatique, la surconsommation de sucre, ou encore l'immigration !... Zobel n'est pas Kant est la réflexion, traitée le plus souvent (heureusement) sur un ton bon enfant, ne va pas chier loin - l'essentiel est de faire au moins semblant d'être dans le coup... Cette douzaine de personnes n'étaient en effet pas là au hasard, sauf une - ou pas... Toujours est-il qu'elle est coriace, la bougresse, avec sa bouche tordue et ces seins démesurés par rapport à sa taille (ceci restant un avis tout personnel), et qu'elle va donner du fil à retordre à ces tueurs "moraux" (pour ne pas dire littéraires, Orwell et La Ferme des Animaux se retrouvant plus d’une fois cités !) - sa propre morale, tirée du "Lièvre et de la Tortue" dans une version trash contée par sa mère, valant tout autant le détour. Un final au sommet, entre femmes (les temps changent mais les bouses restent), permettra de nous prouver qu'Hilary Swank n'est pas morte et a su rester souple. Une chasse vite consommée, vite tirée. Sgrouik.   (Shang - 02/06/20)


Oui, aaaah on n'est pas dans la grande grande réflexion politique, et on comprend bien pourquoi Trump a vu rouge quand il a regardé la chose : c'est un discours tellement basique et dit avec une telle absence de finesse qu'il n'a pu que comprendre The Hunt. Notons quand même que la bonne idée, c'est d'avoir fait cette fois des chassés de sombres connards complotistes (et c'est vrai qu'on a parfois envie de les cramer au lance-flammes, avouez), et des chasseurs des nantis fatigués de lire des bêtises sur leur compte sur les réseaux sociaux. Cette nuance qui se désolidarise des sempiternels motifs du genre, où la barrière sociale est sagement posée et où le discours est très manichéen, apporte du sel à cette histoire ; le combat final notamment entre ces deux femmes accortes prend tout son sens, et on peut remarquer quand même que Zobel (et sûrement aussi Lindelof, au scénario, dont on reconnaît l'esprit retors) a des choses à raconter. Bon, mais la chose ne fera pas long feu, et on se retrouve très vite dans le classique film à têtes qui explosent et à corps suppliciés. Ceci dit, comme le remarque Shang, c'est aussi la qualité du film, sa frontalité, et si on n'est pas trop distrait par le fond, c'est tant mieux. Agréablement gore et politiquement incorrect (les bimbos qui se font exploser en premier, les petits vieux qui se trouvent être des dangereux psychopathes), ce machin marche sans façon sur les pas de ses ancêtres en slasher sanguinolent, et ça vous passe un samedi soir comme de rien. C'est réalisé sans éclat mais non sans talent, et on rigole bien devant les excès et démonstrations de goût douteux du éralisateur, qui s'en donne à coeur joie pour nous donner notre dose d'hémoglobine. Pourquoi, donc, s'en priver ?   (Gols - 08/08/20)

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