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On retrouve notre ami Andrzej à l'occasion de ce récit de primes amourettes adolescentes, une période de doutes juste avant la tempête puisque l’action se déroule en septembre 1939. La guerre est aux portes de la Pologne, les soldats sont sur le qui-vive, mais notre héros Witek a d'autres soucis en tête : réussir ses examens et la fille du voisin, Alina (réussir la fille du voisin ? Il y a de cela) - sans parler des autres pucelles et jeunes femmes en fleurs qui tournent autour de lui. Wajda tente également au passage de mettre en scène différentes familles, celle de Witek (avec sa mère précautionneuse et son grand-père malade), celle d'Alina (avec son père protecteur (il ira jusqu'à tirer un coup de fusil dans les fesses de Witek avec une cartouche remplie de sel - cela a l'air tout de même douloureux)), ou encore toute la petite vie de cette ville de province à la veille de la guerre... Cela apporte une petite touche de "véracité" à l'époque, mais il n'y a bien, avouons-le, que les petits problèmes amoureux de Witek qui nous importent vraiment...

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Une musique signée Wojciech Kilar joliment romantique, une image saturée de lumière qui donne un éclat suranné aux personnages, une époque trouble propre aux questionnement, Wajda est soucieux du détail historique et de la mise en contexte ; il va jusqu'à mettre en scène un fantôme (le double de Witek vieilli ?) qui vient errer en ces lieux, à l'image sûrement du cinéaste qui aimerait retrouver et recomposer à l'identique des souvenirs de jeunesse. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le pauvre Witek va s'en voir pour tenter de gagner les faveurs de sa douce : zyeutage à travers la vitre de sa chambre et chute du premier étage (bienheureusement amortie par le chien), compétition avec le "cousin" dont la chère Alina semble plus que proche, menaces du pater qui ne restent pas de vains mots, flirt et tentations diverses avec notamment la sœur de l'un de ses amis et puis surtout doute, doute et redoute quant aux intentions véritables d'Alina qui ne cesse de souffler le chaud et le froid. Witek apparaît bien maladroit dans ses approches, peu sûr de lui, mais son obsession de la belle le force à se dépasser et à aller de l'avant. Son monde s'écroule quand il voit Alina, dans une gare, embrasser le fameux cousin, mais il reprend dans la foulée vie et espoir quand Alina lui confie ses lèvres. La fin (attention, attention !!! Eh oui, on a droit à notre fameux cheval blanc, leitmotiv métaphorique de ce bon vieil Andrzej qui ne peut s'empêcher de lâcher un cheval libre et fougueux dans les derniers mètres de sa bobine) est un condensé d'émotions, un rêve éveillé, entre suicide bancal et espoir, guerre et amour - un bel hymne en hommage à ces premiers émois amoureux qui sortent finalement vainqueurs de tout. Un récit, qui, sur deux heures, traîne parfois un peu en longueur, multiplie les personnages sans toujours les creuser, mais donne tout de même à découvrir quelques scènes bien senties sur le trouble de l'adolescence via ce personnage d'amoureux transi qu'est Witek. Une belle petite plongée nostalgique malgré des récits parallèles moins passionnants.

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