d7qqp7l-0da7a3bb-6770-4436-90ec-f9918ee158a2

Avant de s'attaquer à ses films d'action avec stars, Don Siegel se fait les dents avec des petits westerns de série B ma foi pas dégueulasses. Ce Duel sans merci n'est certainement pas à mettre au panthéon du genre, beaucoup trop modeste pour cela, mais il contient bien du glamour et bien de l'action, ce qui, pour ce type de divertissement sans façon, rassasie tout à fait l'amateur que je suis. Il y a tout :
- du cow-boy sans peur, en l'occurrence, deux : Audie Murphy, marqué par l'assassinat de son père par une bande de pilleurs de concessions minières ; et Stephen McNally, shérif local dont la légendaire main droite n'est plus ce qu'elle était après avoir été frappée par une balle
- de la petite pépée, en l'occurrence deux : la fabuleuse Faith Domergue, salope intégrale qui fait croire qu'elle est du côté de la justice mais vous étrangle un témoin gênant en moins de deux ; et la mimi Susan Cabot, éprise de l'un mais bientôt conquise par l'autre, vrai garçon manqué avec sa pétoire
- du suave méchant, en l'occurrence toute une bande, mais menée par l'ambigu Gerald Mohr prêt à faire croire tout en trahissant, et avec dans ses rangs le dangereux Sean Penn, ou en tout cas son sosie poupin Eugene Iglesias, son génie des armes, son charisme auprès des femmes et sa grande gueule, auxquels il faut ajouter le bourrin Lee Marvin dans un de ses premiers rôles
- et tout ce qu'il faut pour faire un bon western, de l'action, de la fusillade, des duels, des chevaux qui chutent, des trahisons et des prises de risque insensées, du soleil implacable et des balles qui vous passent à ça.

Faith-Domergue-dans-Duel-sans-merci

Le tout se déroule donc sur fond d'agissements dommageables d'une horde de bandits qui déciment les chercheurs d'or de la région, et qui plantent bien l'atmosphère : les premières scènes, sèches et rapides, sont très violentes pour un film des années 50 et vraiment nihilistes. Le côté sans pitié des gangsters nous place tout de suite du côté des bons, d'autant que c'est le gentil Audie Murphy qui prend. Dès lors, le film, rempli jusqu'à ras bord, va raconter presque sans reprendre sa respiration son histoire. Sans respirer, peut-être, mais en n'oubliant quand même pas les jolis personnages et les scènes glamour : les personnages de Johnny Sombrero ou de Dusty, secondaires, sont ainsi délicieux et intéressent autant Siegel que ses héros. Tout ça est un peu cousu de fil blanc, et on devine dès le départ qui va dézinguer qui et qui va rouler une pelle à qui ; mais Siegel parvient à se départir de son scénario attendu pour livrer un excellent spectacle, fabriquant de magnifiques travellings arrière lors des cavalcades ou soignant ses angles de caméra lors des duels. Il a surtout un sens du rythme impeccable qui font beaucoup pour le plaisir sans façon de ce film. Siegel ne se prend pas pour Hawks, et c'est tant mieux : l'histoire du genre est aussi jalonnée de petits artisans habiles comme lui, et on ne s'en plaindra pas.

duelsansmercibr4

Go west, here