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On a peu d'occasion de se taper un film de sous-marin norvégien, autant donc commencer par un pas trop mauvais. Pioneer s'oublie au fur et à mesure qu'il se regarde, mais au final on aura passé une heure et demi tranquille et sans dommages, à regarder des scènes subaquatiques anxiogènes et des ambiances glacées, pourquoi pas. Le film s'appuie sur un fait divers ayant eu lieu dans les années 70 : des gusses norvégiens, collaborant avec les Etats-Unis, sont envoyés faire des travaux sur un gisement de pétrole au fond de l'océan. Mais quelque chose foire, un des gars meurt, et son frère se met alors en quête de la vérité. Qui a déconné dans cette histoire ? Peu à peu, à force de jouer les mouches du coche, il finit par mettre à jour un sombre et machiavélique complot à base de gaz périmé, de manipulations politiques et d'omerta, et se retrouve avec toute la Norvège aux fesses. Un thriller d'espionnage, quoi, c'est ça, ce qui explique que je n'ai rien compris aux tenants et aboutissants de l'intrigue, je ne sais pas qui est coupable ou pas ; disons pour résumer que tout le monde est coupable, que ce monde est pourri et révoltant, que notre héros Mike va en faire la cruelle expérience, et tirons-nous à bon compte de cette histoire complexe et dépourvue d'intérêt au bout de 43 personnes impliquées.

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Pas grand chose à noter de ce film honnête mais transparent, si ce ne sont les deux courtes scènes sous l'eau. Non seulement ces plongées sont particulièrement claustrophobiques, mais Skjoldbjærg parvient à y insuffler une certaine poésie inattendue dans le contexte : de grosses machines s'apparentant à des vaisseaux spatiaux ou à des véhicules extra-terrestres ; un jeu subtil sur le lien ténu qui s'installe entre la surface et le fond (avec même cette marrante idée de nous faire croire qu'on est dans les abysses alors qu'on est seulement dans une expérience de laboratoire) ; ou encore une intéressante utilisation de l'hallucination qui courra tout au long du film (ces goélands apparaissant au moindre signe de faiblesse mentale du héros). Ces deux scènes qui rythment le film sont très réussies, et on aurait bien aimé qu'elles constituent l'essentiel du métrage, tant Skjoldbjærg excelle à mêler angoisse et beauté dès qu'il est sous la flotte. Malheureusement, le compère se laisse emprisonner dans un scénario à tiroirs inintéressant et pour le coup mal mené : on se tape comme de l'an quarante de l'enquête fiévreuse menée par notre petit marin, pourtant pas trop mal campé par Aksel Hennie, parce que les méchants sont caricaturaux, parce que les arcanes de la chose sont trop complexes, parce qu'à force d'accumuer les coups de théâtre, on se lasse de ce qui peut arriver. Les bons sont peu attachants, d'autant qu'on a n'a pas eu le temps de les découvrir vraiment, dans la volonté de Skjoldbjærg de nous donner immédiatement de l'efficacité spectaculaire ; et les scènes d'action, mille fois vues ailleurs, se déroulent mollement sans qu'on se sente vraiment concerné. Bref, moyen moyen, ce Pioneer...

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