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Shangols et les films anglais épisode 378. On essaie, on se bat, on y croit parfois, on grimace souvent mais on s'accroche. On connaît Neame, on connaît Guinness et on se dit qu'on va peut-être parvenir à se dérider... Mouais, pas gagné d'avance malgré tout... Guinness sort de prison : peintre râleur, il a cherché des noises à l'un de ses riches "protecteurs" ; cela ne l'empêche pas, tout juste libéré, de recommencer pour lui demander des sous. Notre homme, à la voix digne d'un cancer de la gorge, semble être le parfait chieur prêt à tout pour avoir deux kopecks et qui doute aussi de tout, en premier lieu de son talent. Après avoir titillé son protecteur, une tenancière de bar et son ex-femme, il parvient à ferrer du lourd en s'installant (contre leur gré) chez un couple de riches, férus d'art. Leur seule erreur : partir alors en vacances... Guinness se fait un devoir de repeindre à sa façon le mur principal de leur appart : c'est vite le souk dans la tanière (modèles et amis défilent). L'épisode culminant (et j'avoue le plus drôle) c'est lorsque l’une de ses connaissances, un sombre sculpteur, décide de squatter dans l'appart... et défonce tout le plancher avec la pierre qu'il fait livrer par grue - pas de souci, il s'installera dans l'appart de dessous dont la locataire est aussi vacances. Des artistes enfin libres de s'exprimer ? Pas forcément, vu qu'un artiste, au-delà d'être un emmerdeur né, est un type qui se remet également tout le temps en cause.

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Guinness, grabataire, fait le spectacle au milieu d'un casting dont la moyenne d'âge flirte avec celle d'une maison de retraite. On n'est pas franchement ; en cette fin des années 60 ; dans un nouveau vent de fraîcheur cinématographique outre-manche. A défaut de jeunesse, on doit se coltiner ce bougon d'Alec qui va avoir le chic pour emmerder son entourage. Le personnage est pathétique, lourdaud même mais on finirait presque par trouver attachant le côté sans gêne du type ; même si c'est son « ami » sculpteur qui provoque l'effondrement du plancher, on se dit que c'est bien dans la lignée des proches de Guinness : tout oser jusqu'à faire franchement n'importe quoi... Notre peintre se bat avec son entourage mais aussi avec les affres de la création (et sa déception est grande) : il tentera alors un ultime « coup » en peignant un mur promis à la démolition... mais échouera une nouvelle fois à faire triompher son art. L'artiste ne croit guère en lui, mais le monde lui-même croit-il encore aux artistes ? C'est une sorte de morale gentillette de la chose. Avant de parvenir à cette conclusion qui en vaut une autre on aura suivi notre Alec dans sa progression un peu poussive, tenté de trouver un peu de rythme dans ce film de vieux où les répliques fusent malgré tout et souri un brin devant le petit côté cataclysmique de ces artistes qui emmerdent la bourgeoisie. Bref, an English movie qui se suit au petit trot...

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