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Je règle des comptes avec de vieux malentendus adolescents : essayons d'affronter la vérité en face trente-trois ans plus tard... Oui, par cette entremise Deray apparaît au bout de 14 ans sur Shangols dans la liste des réalisateurs... Mouais. Mais attention, regardez-moi ce casting de choc : Anglade (post 37°2), Piccoli (post Mauvais Sang), Nastassja Kinski (post Klaus) et Jean-Claude Brialy dans un rôle minime mais tout de même... Et puis, chose pas négligeable, Maladie d'Amour c'est les Landes, eh oui, Lit-et-Mixe, pas loin de l'endroit où je passais justement des vacances post adolescentes... Bon, on s'en fout certes, mais j'avoue avoir un vrai passé avec ce film (comme Hôtel de la Plage...) qu'il me fallait bien un jour régler dans ces colonnes. Ce sera enfin chose faite. L'histoire est con comme une huître fermée : Kinski sort avec le vieux Piccoli (directeur d'hôpital), puis flashe sur le jeune Anglade (interne), puis revient à Piccoli et souffre d'une curieuse maladie... d'amour. C'est aussi couillon que le titre, me direz-vous… Je vous l'accorde d'autant que les motivations psychologiques de Kinski sont aussi troubles que l'eau de la Garonne : pourquoi quitte-t-elle sur un coup de tête Anglade ? Parce qu'il a eu un petit moment de faiblesse (il pleure quand il apprend la mort d'une gamine qu'il n'a pu soigner - normal quoi) ? D'autant qu'au début du film (eh oui, moi j'ai pris des notes), Kinski avouait à Piccoli que "les gens forts la faisaient chier". Bref, c'est totalement incompréhensible comme décision... tout comme d'ailleurs ce cancer (!) soudain qui va la ramener in fine dans les bras d'un Anglade - pour nous servir un happy end franchement pathétique. Bref, un scénario de Danièle Thompson (!) sur une idée d'Andrzej Zulawski (!!), aussi superficiel qu'un bigorneau. L'intérêt est où alors, s'il y en a un ?

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Eh bien voilà, on revient justement au casting : Anglade est au top de sa forme en 1987, aussi à l'aise pour dire "Bonjour Mathilde" que "Merci Thérèse" (il est génial dans les répliques creuses, sûrement le plus grand acteur de son temps dans ce registre) et il porte en lui encore toute l'énergie et l'incandescence d'un Zorg. A tel point d'ailleurs que Deray recopie presque plan par plan une scène de 37°2, remplaçant simplement derrière le piano Béatrice Dalle par Kinski : Anglade, lui, fait la même tête d'amoureux transi devant le minois de sa promise. Bref J-HA apporte toute sa foi et sa fougue à ce film – et comme sa carrière fut plus courte que prévu, c’est déjà pas mal. Bon, Piccoli, dans le rôle du vieux qui se donne une dernière chance de connaître l'amour, a un rôle quant à lui affreusement ingrat ; il tente malgré tout, avec la finesse qu'on lui connaît, d'endosser cette posture pour le moins délicate. Ses moues de désespoir passent tout de même à peine la barre et on sent qu’il s’emmerde terriblement dans ce petit rôle mesquin. Reste la Nastassjia, fine comme un elfe, et au jeu d'ailleurs aussi approximatif qu'un elfe dans la jungle urbaine... On sait que son physique demeure son grand atout (des yeux de biche, un sourire infini) sans vouloir être méchant (et ce d'autant que je n'avais d'yeux à l'époque que pour elle, tout comme d'ailleurs dans Tess ou Paris, Texas) ; il n'empêche qu'ici elle demeure parfaitement crédible dans ce rôle de fille un peu gourde perdue dans ses hésitations... avec quelques creux dans ses tirades, oui. Faut dire que Deray, en ce milieu des années 80, ose certaines scènes d'un cucul sans égal : Anglade et Kinski courant de joie, comme deux chevaux batifolant ; Anglade faisant une déclaration d'amour à deux balles à Kinski après l'avoir violemment éjectée d'un bus... On serre des dents plus souvent qu'à son tour devant le côté romantique bêta de la chose (merci Danièle !) avec en bonus une musique de Romano Musumurra dégoulinante de violons... Bref, une histoire d'amour fadasse, sans relief (le froid du monde hospitalier pétant définitivement tout aspect sexy à la chose) mais avec Anglade et Kinski beaux comme une affiche de cinéma. C'est terriblement faible, réalisé sans style, sans passion mais (ne nous renions pas complétement et ce même si on a un peu honte) Anglade (et le minois de Kinski) sauve(nt) bienheureusement quelques meubles. Uniquement pour nostalgiques non repentis... (Encore une lourde page de tournée, pfiou...)

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