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La collection Criterion nous amène parfois sur des chemins étonnants... C'est le cas avec ce « péplum chrétien animalier » qui oscille entre sérieux papal (ces pauvres chrétiens condamnés à se faire bouffer dans les arènes) et comédie qui dérape (vous avez déjà vu un tango avec lion ?- oui, même les Monty Python n'auraient sans doute pas osé un tel ridicule)… Avec, en bonus, une sorte de romance absolument inimaginable : quelle idée de vouloir mettre en scène un flirt entre la fine et éthérée Jean Simmons (catho jusqu'au bout des ongles) et le bourrin commandant militaire Victor Mature : tout les oppose, moralement et physiquement, mais on revient à plusieurs reprises dans l'histoire à cette romance impossible. Jean Simmons n'a beau cesser de répéter qu'il est "beau" (nom d'une yourte !), le truc est aussi crédible qu'une refonte de la gauche. Bref. L'histoire sinon ? Brièvement : des catholiques sont expédiés en masse à Rome pour être sacrifiés au Colisée (les hommes par les gladiateurs, les femmes par les lions). Mais, ce jour-là, dans le Colisée, une sorte de miracle se produit : les catholiques se verront finalement graciés par l'empereur après une suite de mésaventures improbables...

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Voilà donc un film qui part dans tous les sens : le grand n'importe quoi comique (Alan Young, coiffé comme un Playmobil as Androclès, incarne un personnage zen et grimaçant qui dompte toute bête par sa gentillesse...) ; le grand n'importe quoi romantique (je n'y reviens pas) ; le grand n'importe quoi historique (les chrétiens qui chantent comme des scouts et s'en vont sur les chemins qui mènent à Rome en gardant la banane malgré leur mort certaine). Si les décors en carton-pâte sont plutôt pas mal, le casting lui demeure méchamment surprenant, comme si on avait pris les types de jeu les plus opposés et qu'on les avait mis dans le même sac : Simmons, pure, Mature, dur, Young, burlesque, Robert Newton, déménageur. Un peu comme si on avait mis en ensemble Seberg, Gabin, Chaplin et Bud Spencer dans le même film... Du coup, on regarde la chose en gardant les yeux souvent écarquillés, incrédule, en se demandant franchement comment une telle production a pu voir le jour. Le pire c'est qu'on dirait qu'Erskine ne doute pas une seconde de son projet et ose toutes les fantaisies : le baiser impossible, la violence sanguinolente, ce putain de tango et un empereur sanguinaire ou à la coule selon les plans... C'est une sorte de bouillabaisse cinématographique assez hallucinante qui finirait presque par rendre la chose attirante - Erskine est tellement loin des calibres du genre qu'on peut lui concéder l'audace de mettre en scène un tel ovni peplumesque. Rugir ou vomir, difficile de choisir... Un truc strangely bancal quoi.

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