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Ah c'est pas toujours facile d'assumer le fait d'être un fan de Guy Béart. On plaisante. Plus fan en revanche de Giono (et il s'agit, par ailleurs, même si tout le monde s’en fout, d'un prochain projet sous-titre – et ce même si les accents du sud me les broutent menues). Nous voici donc au païysss de la Durance, avec ses histoires de famille, ses brebis, ses problèmes d'héritage et ses projets de barrage qui vont mettre sous les eaux quelques villages. Pascale Audret est Hortense, une jeuneu filleu, qui ne pourra hériter de son père qu'à sa majorité. Dans quatre ans. En attendant, c'est la Famille qui va lui servir de tuteur. Drôle de famille comme il se doit : les cathos, le boucher rigolard, les vénaux, ceux dans l'asperge et ceux dans le melon... Tous n'ont qu'une idée : retrouver le magot (30 briques, diable !) que le vieux a caché avant sa mort. Plusieurs stratégies pour tenter de faire craquer la petite qui doit en savoir plus qu'elle n'en dit : lui fourrer le cousin dans les pattes pour la marier (la thune restera ainsi dans la famille), l'intimider en la pressant au quotidien et au besoin la séquestrer ; tous les moyens sont bons dans cette France arriérée, pardon dans ce doux pays des cigales, pour avoir le fric. La chtite tente de trouver refuge auprès de son oncle, un bon gars du coin qui philosophe avec ses moutons, mais la famille lui colle aux basques jusque dans les coins les plus reculés des collines pour toucher la thune avant sa majorité. Et pendant ce temps, suite à la construction du barrage, les eaux montent... Petite Hortense pourra-t-elle, au milieu de cette famille étouffante et intéressée, trouver sa voie (d'eau) ?

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On est dans le film régional, hein, avec ses acteurs du coin typiques (il va falloir faire une croix sur la traduction de tous les mots : ça leur casserait le cul d'articuler à ces paysans ?), ses vieilles harpies (la grand-mère qui te foudroie du regard et qui pense que la vie c'est souffrir), ses jeunes femmes célibataires à vie obsédées par l'argent, ses cul-terreux obsédés par leurs terres. La petite Hrtense, fraîche comme l'eau vive, peine forcément à trouver sa place au sein de cette famille doucement hypocrite et il n'y a qu'auprès de son oncle qu'elle peut trouver une certaine sérénité - il tentera de la protéger jusqu'au bout, envoyant même paître les gendarmes ohoh... Mais la pauvre Hortense, recluse dans une cave par ses proches, devra trouver une issue par ses propres moyens et retrouver la joie de vivre (merci l'eau vive ! Ah merde, j'étais sûr que le Guy allait finir par entonner sa chanson sur le générique de fin). Une petite histoire provinciale et d'héritage on ne peut plus classique. Villiers filme joliment ces mas et ces villages sur le point d'être abandonnés : la construction du barrage est partie prenante de l'histoire (nombreuses séquences sur les travaux) avec en tête une petite allégorie bien mignonne : malgré les barrages (et la famille), la Durance (tout comme Hortense), restera toujours libre... C'est mignon d'inscrire cette petite histoire dans ce paysage et ses transformations. Après, au niveau du filmage, Villiers n'est pas un précurseur de la Nouvelle-Vague, on s'entend... Une histoire de famille dans un cadre bigger than life mais sur lequel le progrès (l'arrivée de la télé, plusieurs fois évoquée) tente de marquer son empreinte – et le parcours d’une jeune fille bien de son temps qui tente d'échapper aux mauvaises manières de sa famille. Gentillet tout cela. Un film de soif.

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