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Vous cherchez un doc coup-de-poing ? Vous voulez trouver une œuvre pour faire définitivement fermer leur gueule à tous ces abrutis qui ne comprennent pas pourquoi les réfugiés syriens "ne sont pas restés chez eux" ? Vous voulez des preuves (même si votre suspicion est déjà élevée) démontrant qu'Assad et Poutine sont des bouchers et la communauté internationale de lâches bureaucrates ? Je vous conseille fortement ce doc tourné en temps et en heure dans la cité d'Alep assiégée. Attention tout de mêmes aux âmes sensibles, je le conseille ni avant ni après le repas. La vérité crue a un coût. Une jeune femme raconte et filme ses cinq ans passés à Alep (entre 2012 et 2017) avec son mari, jeune docteur, en charge d'un hôpital, et son enfant née à cette période. La joie (de courte durée) du soulèvement contre le pouvoir, puis les massacres, puis les massacres, puis les massacres. Disons-le tout de go, on n'est pas dans le reportage bien soigné (quelques images "léchées" de drones s'envolant sur la ville pour mieux nous montrer les ruines), avec montage au taquet (même s'il y a un effort dans la construction) et voix off forcément toujours pertinente (on a compris que la jeune femme aimait sa fille, on peut comprendre). Mais franchement, on s'en tape le coquillard tant les images sont pour le coup fucking édifiantes (désolé pour les photogrammes mais parfois, il faut bien voir la vérité en face). Il y a cette grande solidarité entre les habitants, entre ces voisins, ces amis, dans cette petite équipe qui se serre les coudes pour faire tourner l'hôpital, ces instants de joie volés, le temps d'un mariage, le temps d'une naissance… et puis ces drames insoutenables à chaque bombardement. On a beau être prévenu, avoir un cœur en plomb (j'ai tenu cinq minutes devant une émission d'Hanouna sans vomir ; j'ai vu des patineuses s'entraîner), il faut reconnaître que là, comme le dit parfois avec un peu d'excès l'ami Gols, on a le cœur au bord des lèvres plus souvent qu'à son tour. A chaque bombardement, son lot de blessés et de cadavres afflue : la mort d'un enfant, la réaction incrédule de ses frères, la mort d'un enfant, la réaction hystérique d'une mère, la mort d'un enfant, la réaction abasourdie d'un docteur, le coma d'une femme enceinte puis le bébé accouché par césarienne et les éternelles secondes qui passent pour tenter de le ranimer... C'est parfois, il faut le dire, proprement insoutenable mais malheureusement on ne peut plus nécessaire pour qu’on « ouvre les yeux » (même s'ils étaient déjà décillés) sur ce cauchemar permanent, ce massacre forcément inutile d'enfants ou de tout citoyen pacifiste... et ce, par son propre dirigeant. La jeune femme tente de retranscrire le quotidien de son mari, Don Quichotte face à la mort, qui ne cesse d'y croire, de se battre jusqu'au bout ; il y a bien sûr (d'où le titre) les moments consacrés à sa fille (Sama) plus tendres, plus apaisés, forcément, un tout petit contrepoint humain à cette boucherie infernale sous les gravats. Si d'aventure vous avez le cœur bien accroché, tentez Pour Sama, et pleurez l'absurdité de ce monde barbare.

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