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En cette année 2019, les Chinois nous auront définitivement comblé : ce lac aux oies sauvages (♪passaient les oies sauvages ♪ : rien à voir, mais la référence s’imposait) est un petit polar nerveux, une nouvelle fois soignée esthétiquement, sans doute un poil improbable (un type demeure incognito avec 6000 policiers au cul… décidément, le flic, sous tous les méridiens, devient de plus en plus nul) mais qui essaie jusqu’au bout de nous tenir en haleine. Un type, petit voleur de bécanes, va voir sa vie déraper lorsqu’un soir, à la suite d’un règlement de compte avec une bande rivale (les deux frères « Chat » - the total look eheh), il va descendre bêtement un flic. Il devient l’ennemi public numéro 1. Notre homme se cache aux alentours de ce lac où pullulent les fameuses « bathing beauty » (des petites gonzesses qui sous leur grand chapeau blanc accompagnent avec le poignet, devine-t-on, vos baignades : non, on ne parle plus de miracle chinois depuis longtemps). Des centaines de flics en civil et des dizaines de soldats de l’armée quadrillent la zone mais nib, notre gars reste introuvable… Une récompense de 300.000 boules (jaunes) est promise à celle ou celui qui livrera l’homme à la police… Le fuyard a alors une idée : se livrer à un membre de son clan pour que sa femme (qu’il a quittée il y a cinq ans) puisse toucher une grande partie de l'argent. C’est une jeune femme aux cheveux courts, peu farouche (a bathing one), qui tente de faire la jonction entre notre héros, son clan et sa femme. Un fluide passera entre les deux, mais est-ce que cette jeune femme est vraiment honnête dans sa démarche ou se révélera-t-elle, à l’usage, une salope finie ? That is the question.

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Ah ben oui, on aime ces lumières jaunes urbaines (la scène d’ouverture vers la gare), ces lumières roses d’endroits louches, ces éternelles lumières au néon, le film se déroulant en grande partie la nuit. On aime ces deux héros un peu désespérés, rebelles malgré eux, perdus d’avance, qui essaient une ultime fois d’arracher à cette vie de merde des petits lambeaux d’instants joyeux (de cette petite pipe surprise à ce plat de pâtes qui frôle la gabegie). Observés de toute part, par les keufs, par les propres membres du clan qui n’ont pas l’air tout blanc, par les deux frères « Chat» sournois comme des rats, ils tentent de se frayer un passage dans cette nuit qui n’en finit pas. Les traquenards se multiplient, les coups de feu fusent et notre héros, ce trompe-la-mort, dans cette sorte de baroud d’honneur, semble increvable. Il est sans doute déjà un fantôme, ne semblant souvent qu’exister aux yeux de cette compagne d’infortune – le protège-t-elle, cherche-t-elle à le trahir, on a déjà dit que c’était là la question, c’est agaçant à la fin. Oui, le cinéaste a sans doute tendance à vouloir en faire un peu trop dans cette traque qui s’éternise – des morts spectaculaires, du sang qui gicle par carafe, du cadavre en promo. Mais la relation, complice, tendue, amicale, romantique, sexuelle, qui s’installe dans notre petit couple souvent impassible donne à cette aventure nocturne, à ce polar noir, un charme certain. Two desperados in the chinese nights : aguichant et trépidant.

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