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Chef-d'oeuvre oublié de Gainsbourg ? Ou Gitane mouillée ? Je n'avais pas revu la chose depuis son passage sur Canal (avant sa sortie en salle) et l'effet demeure le même : ouais, c'est quand même super pas terrible... Stan (ce pauvre Claude Berri forcé de se défroquer) est un exhibitionniste qui a un goût prononcé pour la jeunesse. Bon, il bande mou, aussi, et n'est pas très alerte. Mais tout de même, ce n’est pas une passion très saine. Il ira en prison d'ailleurs. Et puis se suicidera pour la peine. Voilà. C'est torché mais un peu à l'image de Gainsbourg qui a du écrire le scénar en deux nuits. En manque d'inspiration, le Serge, il préfère remplir les blancs en s'auto-citant (Cargo culte, Elle est si – in extenso) ou en citant les chansons ou les textes des autres : Frehel, Shakespeare, Régine (il n'y a pas d'ordre de valeur, on s'entend). C'est mince mince mince ; Gainsbourg, qui ne voudrait pas non plus trop passer pour un pervers, hein, expédie les scènes pouvant choquer la société (la chtite Elodie Bouchez, tout débutante, se fait fugacement peloter les seins - coupez) et multiplie les guests de seconde zone : Daniel Duval en père pas content (Duval content de toute façon c'est impossible vu sa gueule), Richard Bohringer en flic qui parle dans sa gorge (comprend rien à ce qu'il dit... fait chier, j'ai justement pour mission (personnelle) de faire les sous-titres), Michel Robin prisonnier fataliste (Michel Robin, la star des pantoufles !).

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Pour meubler l'absence de dialogues entre certaines séquences, Gainsbourg filme ces jeunes filles minaudant ou marchant sur un petit thème (qui revient 37 fois) qu'il a lui-même concocté - une plage musicale dans la lignée de l'album Charlotte For ever, douce et entêtante ; c'est le moins qu'il pouvait faire pour mériter son pognon. La mise en scène est plate, le fond un peu au ras des pâquerettes et certaines scènes touchent cruellement au ridicule (Claude Berri faisant l'exhib en trenchcoat, un peu comme si Batman, en pleine dépression, soulevait sa cape pour montrer son cul : c'est triste à mourir). On aurait bien voulu flasher sur cette ultime œuvre cinématographique de Gainsbourg, on évoquera la chose avec une petite moue désolée tant ce "produit" ni provoc, ni poétique, semble, encore plus aujourd'hui sans doute, affreusement vain et gratuit.

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