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Ça va mal aujourd'hui en Australie mais faut pas croire qu'hier (en ce début du XIXème siècle et en Tasmanie, plus précisément) les choses allaient pour le mieux : à l'époque ces bloody fucking English défonçaient sans gêne des Aborigènes abhorrés (ces derniers tentaient de résister avec leurs lances face à la poudre à canon - autant souffler, debout, dans un didgeredoo) et traitaient la chair irlandaise (notamment les ex-convicts) comme de la pelure de pomme de terre... C'est d'ailleurs le sort (atroce) que subit cette pauvre Clare (dit the Nightingale pour sa voix claire) en ce début de film : des officiers anglais (en particulier un lieutenant que l'on pourrait qualifier d'immonde individu) vont la violer sous les yeux de son mari et les cris de son bébé  - et ce avant de 1) trucider le mari (un peu violent dans sa rancœur) et le bébé (trop bruyant le con - bercé trop près du mur, il finira tout de même par se taire, for ever). C'est le début du calvaire pour Clare qui se met martel en tête de retrouver l'officier et ses deux comparses pour leur faire la peau... Elle part sur les routes labyrinthiques de Tasmanie (envahies, on le sait, de féroces koalas) en compagnie d'un Aborigène qui ne garde pas non plus le meilleur souvenir des Anglais (ils ont descendu son arbre généalogique sous ses yeux quand il était gamin - il se surnomme lui-même Black Bird sans doute pour son cri rauque qui le définit). Ces deux individus qui se méfient du genre humain (en particulier de l'Anglais – on ne peut leur donner tort) et l'un de l'autre (une blanche avec un noir s'alliant dans le bush ? c'est à l’époque aussi inconvenant qu'un piano partant à l'aventure dans la jongle) vont tenter malgré tout d'aller au bout de leur quête : réduire de l'Anglais en gelée. Une terrible course poursuite s'annonce donc dans la jungle, les officiers anglais se retrouvant également avec d'autres Aborigènes à leurs trousses (l'Anglais violant tout ce qu'il croise) et notre duo de chocs avec d'autres violents Anglais (qui violeraient bien - c'est désormais une manie - cette Irlandaise avec son boy). Nos deux oiseaux n'en ont pas fini de se faire prendre pour des pigeons sauvages. Pull !

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On est à nouveau dans le film en pleine nature sauvageresse sauf qu'ici les principaux dangers de la forêt résident dans l'Anglais armé. Kent pourfend ces occupants violents et violant (peu d'Anglais trouveront grâce à ses yeux... un couple de vieux, peut-être, dont le mari parle quand même un brin misogynement à sa femme) qui font preuve d'un racisme sans fond (l'Aborigène est une espèce à exterminer comme les scolopendres). Au niveau du discours, c'est clair et un brin too much (comment ne pas espérer que ces Anglais ne se fassent pas tous trépaner de la pire des façons, une lance en plein foie ou une balle en plein cœur ?). Un peu réducteur, donc, sans doute. Au niveau des sentiments, on est surtout happé par la colère sans fond de cette pauvre Clare (littéralement hantée - elle fait des cauchemars tout au long de la route - par ce trauma initial) et cette relation "pleine" de respect entre le rossignol et l'oiseau noir (manque la pie qui chante mais passons) ; c'est certes un peu attendu, l'un comme l'autre, (cette vengeance inextinguible et cette tolérance "dans l'air de notre temps") mais ce petit couple qui s'appuie l'un sur l'autre (l'une pour aller au bout de sa quête, l'autre pour retrouver son honneur) fonctionne relativement bien dans ce cadre luxuriant et original. Kent se fait une joie de faire partager quelques excès de violence qui réveillent au passage son diable de Tasmanie et cette aventure au bout du bout de la souffrance, malgré ses longueurs (ce rallongement d’une quarantaine de minutes, alors que l'on touchait au but, n'apporte pas grand-chose), se suit d'un œil constamment aux aguets. Une balade australienne pas franchement de tout repos qui fait la part belle aux femmes combattives et à leur esprit d'ouverture ; toujours cela de pris d'autant que l'écrin n'est pas si commun. Pas si mal, so.

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