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Pas mal comme apéro d'un autre grand film barré, du chef-d’œuvre des films barrés (ne soyez pas impatients, c'est juste après). Mandico, on le sait maintenant, ne fait pas dans le banal, le tout-venant, le quotidien. Sous influence œdipienne (on y vient), dans une forêt luxuriante (faune et flore magiques) comme seul Mandico sait en composer (le célèbre fesse-tronc, la fleur au pistil éjaculateur, la biche aux seins…) deux actrices tombent sur une sorte de dinde déplumée à tête de bite (je tente d'être précis). C'est forcément le coup de foudre pour cette chose érectile et les deux donzelles se battent pour en avoir l'exclusivité, qui pour la lécher, qui pour dormir avec. Oui, bon. Il sera aussi question d'un metteur en scène assassiné (une sorte de père pour ces deux actrices ?) et d'un amour pour cette fameuse Notre-Dame des hormones (le petit côté œdipien dont je vous parlais, précisément). Les deux femmes répètent (leurs scènes… de ménage), se disputent, se charcutent à coup de faucille (l'influence des Nuls à travers les âges), dansent, meurent, ressuscitent... Un peu comme si Mandico faisait revivre ces deux artistes (un peu oubliées... Elina Löwensohn et Nathalie Richard n'enchaînent pas franchement les tournages - je dis ça...) en les mettant en scène dans ce (libre) court ouvert à tous les fantasmes. C'est toujours aussi tortueux dans le fond (oui, on ne pourrait pas décrypter chaque plan du bazar) mais toujours aussi plaisant dans la forme : l'univers de cette maison envahie par les arbres, de cette forêt vivante, l'univers érotique même de la chose demeurent proprement unique à ce bon Bertrand. La dinde bite, objet de toutes les convoitises, fait son petit numéro pour mettre à nue nos deux actrices sans tabous ni limites. Un objet mandiquesque forcément brulant et toujours d'actualité... 

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