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Karel Zeman cet enchanteur, ce prof d'histoire-géo plus vivant qu'un livre ! Il est bon de revenir aux effets spéciaux à la colle et aux ciseaux et se dire qu'il fut un temps béni des dieux où les plateaux de cinéma n'étaient pas tout vert mais jonchés de crayons de couleurs et de petites mécaniques en pâte à modeler absolument délicieuse... Oui, bon, le dinosaure n'était pas aussi fluide que chez Spielberg (remarque innocente de ma bambine sur ces mouvements un rien saccadés et sur ces monstres aux allures de poupée – t’es certaine que tu veux de la glace ?... alors que le chat (remis, je rassure les miens) se marre devant le mammouth en peluche... plus de respect, bordel) mais, mais bon sang qu'est-ce c'est beau ces toiles peintes, et cette végétation luxuriante made in Tchécoslovaquie, et oh oh oh regarde, les gamins sur le bateau sont devenus de petits automates pour cette séquence éblouissante du bain du brontosaure plus vivant que Claude François après en être sorti... Bref. Miracle de la création cinématographique !

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Quatre gamins sortent d'une grotte en bateau et voyage à travers les âges... L'âge glaciaire, le tertiaire (...) jusqu'aux origines de la vie quand tout n'était qu'algue. Des aventures pas forcément ultra-trépidantes, j'en conviens, le rythme est tchèque, mais qui laisse la place à la magie de la découverte : ah ce combat de dinosaures au coucher du soleil, oh ce crocodile à l'œil peint, hi cette salamandre qui sort tout droit du Muppets show... Eh bien non, détrompez-vous, je ne me moque pas, je trouve que cela a la beauté des premiers temps, que le film garde toute la fraîcheur de l'invention du cinéma, que chaque créature, même ce Godzilla en méga slow motion aussi terrifiant qu'une huître, est réussie et touchante (regarde, il y a même du vrai sang qui sort de son cou déchiqueté... Ça fait sacrément peur ça, morbleu !!!!).

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On aime le plus grand des gamins avec son pompon sur son chapeau ridicule, on aime ce sérieux absolu des gamins lorsqu'ils tiennent leur journal de bord, on aime ce couillon de petit George toujours prompt à se perdre et à inquiéter les autres (t'as vu la taille de la libellule ! Moi j'aurais fait pareil, je l'aurais suivi jusqu'au fond des marais), on aime ces pigeons ou ces carpes de la préhistoire qui, bon dieu, n'ont pas évolué d'un iota et ne sont pas en slow motion, petit con. Oui, on savait faire des films enchantés qui ont peut-être autant vieilli que la vieille boîte à biscuits de grand-maman mais qui gardent encore, à peine le générique d'ouverture achevé, un petit parfum d'antan absolument charmant ; ces couleurs sépia et verdâtres vintage, ces habits tchèques vintage, ces décors en trompe-l’œil d'une beauté absolue... Non, il faut garder devant Zeman son âme d'enfant en attendant que le sien en est une. Karel chéri et estimé.

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