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Cela faisait longtemps, un petit film africain, sauvé celui-là par la gars Scorsese et sa fondation. La première question un peu chafouine que l'on se pose c'est : cela en valait-il vraiment la peine ? Ou disons, pour être moins dur, pourquoi ce film plutôt qu'un autre ? Non pas que le film de Mambéty soit totalement dénué d'intérêt ; mais son côté très brouillon, son montage discutable, en font un film plus dans la moyenne que totalement à part, qu'incontournable... Il y avait pourtant quelque chose d'intéressant au départ dans ces deux jeunes gens pleins de fougue, Mory et Anta, et leur petit côté pierrotlefouesque : en marge de la société, elle l'étudiante vive et libre et lui le coolos avec sa moto zébuesque, genre d'easyriderman à l'africaine. On comprend vite qu'ils vivent en marge, de leur famille, des autres jeunes gens (qui, après avoir choppé Mory, l'exhibent dans leur pick-up en ville). Mambéty nous livre alors un montage alterné assez étrange : chèvre égorgée, mise à nu d’Anta, plans sur la mer venant s'échouer sur les récifs... On ne sait si Mory a été sacrifié (jeté à la mer par les jeune gens - on comprendra plus tard que non... mais vraiment plus tard), on ne sait s'il est ainsi question de la sauvagerie en cette terre africaine, on ne sait si ces images de mer mousseuse sont là pour métaphoriser le coït hors-champs entre Anta et Mory... Bref, on sent qu'il y a des pistes, on sent que Mambéty aimerait bien faire dans le métaphorique, sauf qu'on se demande franchement s'il sait vraiment lui-même ce qu'il veut dire... Ça sent un peu trop l’approximation, celui qui voudrait avoir l’air et qui tombe finalement un peu trop dans l’esbroufe. On suivra ensuite les 400 coups de notre couple à la recherche d'argent pour partir en France... Mory pille un riche autochotone homo (le pédalo dans la piscine, je dois reconnaître que c'est la classe) et parade en ville, auprès des siens, avant de s'embarquer avec Anta sur un bateau en partance pour la France... Au dernier moment, cependant, il hésite, comme s'il avait peur de perdre son ancienne liberté (symbolisée par sa moto customisée à mort)... Il y a une certaine vivacité (à l'image des couleurs du film), une certaine originalité (à l'image de ce scénar un peu fou-fou), mais on doit reconnaître que beaucoup de plans, voire de séquences sont trop longues, trop insignifiantes... Mambéty donne un peu l'impression de filmer au fil de sa caméra, manquant de scénario construit et gardant au montage trop de choses... On se désintéresse trop rapidement de ces deux jeunes gens assez tape-à-l’œil qui n'ont finalement pas grand-chose à dire (c'est d'ailleurs la portion congrue niveau dialogue, comme si Mambéty manquait résolument d'inspiration). Une petite gâterie africaine un peu fofolle et arc-en-ciel qui paraît malheureusement un peu trop légère pour laisser des traces sur cette terre pourtant si sèche.

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