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Aaaah il faut trouver l'Odette joyeuse pour tenir le coup tout du long et tenter de trouver un peu de sang dans ce carcan autant-en-emporte-pas-le-vent-laraesque. Une histoire, ma foi, bien banale, déjà, au départ, celle d'un colonel entre deux âges qui s'éprend de la jeune Odette - 25 ans d'écart, une paille. Ils se tournent autour, ne se déplaisent point (il est bon bougre, elle est naïve et fraîche), seulement voilà, ce bon colonel (Dédé Luguet) voit bien que les yeux d'Odette ne brillent que pour son oncle 'par alliance", un certain Max (Jacques Dumesnil) aviateur en herbe (qu'il frôle plus qu'il ne s'en échappe d'ailleurs au guidon de sa libellule en cordes de piano). Je pense que j'ai fait le tour... On pourrait rajouter une mère revêche et forte en gueule (celle d'Odile), des serviteurs bon conseillers (Bernard Blier, trente kilos, et Pierre Larquey en fin observateur) et je pense bien que c'est tout ce qu'il y a à tirer du casting... Un moment, on se dit que le Claude, souvent un poil décrié pour avoir tourné en 1942 (...), conte là une sorte de parabole : Odette, après avoir dit au bon colonel qu'elle l'aimait bien mais qu'elle ne l'aimait pas, fait le choix de se marier avec – elle se décide en fait pour sauver de la banqueroute Max (ça coûte un blinde, l'aviation) ; une sorte de mariage de raison en quelque sorte, intéressé, pétainiste quoi... Oui, on essaie bien de voir en creux un message mais comme ce mariage est finalement annulé, on se dit qu'on devrait parfois arrêter d’essayer de voir du message symbolico-parabolique dans des œuvres qui sont juste plates. Maurice Blondeau tente de faire des dialogues ultra-spirituels qui ne provoquent ici ou là qu'un rictus, les scènes champêtro-romantiques (le colonel et sa promise sur un pont, au bord de l'eau...) sont molles comme des chiques et il n'y a décidément que cette Odette, pétillante de bout en bout (elle incarne une donzelle de 16 ans, elle en a 28 - pas gênée, la gâte), qui semble croire à cette œuvre pour maison de retraite - quand elle finit par draguer Max (les dix dernières minutes lyriques de la chose), l'autre est aussi gai qu'un pinson en cage - il l'embrasse avec autant de passion qu’un fruit blet : bonjour la vie morne à l'horizon, bordel... Chiffe molle.

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