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La Hammer a toujours le chic pour nous livrer des productions proprettes sur des sujets de genre pour le moins passionnant (on connaît Méduse, mais qui pourrait citer le nom de ses deux autres sœurs gorgones ? Ce film rend justement hommage à l'une d'entre elles). Il s'en passe des choses dans ce village reculé allemand à l'ombre de ce château abandonné : une femme se transforme en pierre et son amant est retrouvé pendu tout en haut d’un arbre ! Le père d'icelui enquête et finit en pierre ! Le fils d'icelui enquête et... ! Bon, on ne va pas s'amuser trop longtemps à tenter de résumer ce scénario un peu rébarbatif ; on préfèrera s'intéresser à ce décor très soigné (un peu trop même : une des scènes cruciales (le genre de scène généralement que j'adore), où l'on déterre un cadavre est beaucoup trop aseptisée : ça manque de mouches, de vers, ça sent résolument trop la peinture fraîche…) et à ces interprètes qui prennent toujours des airs concernés : l'incontournable Christopher Lee (déguisé ici en Jean-Luc Bideau), tête d'affiche qui n'apparaît que tardivement dans le récit, incarne un type au regard suspicieux, toujours aux aguets pour se méfier des imposteurs et des impostures, Peter Cushing (affublé d'une barbe piquée à un Benoît Pooelvorde défraichi) interprète lui un savant, responsable d'asile, qui cache de sombres secrets, sa secrétaire (Barbara Shelley et ses cheveux de feu) joue à la secrétaire trouble qui passe d'un camp à un autre avec la même facilité (c'est pratiquement la seule donzelle du film, elle ne peine pas à se faire remarquer et à charmer tout le monde - on se doute d'ailleurs dès le départ que sa coiffure pourrait bien cacher des serpents capables de siffler sur nos têtes) et enfin, avec ses faux airs d'Oscar Werner, Richard Pasco (!) incarne avec ses cernes qui grossissent à vue d'œil, le dernier des Heitz qui n'aimerait pas finir en pierre (ni en ketchup d'ailleurs). On sent que les cinq dernières minutes vont être lourdes de sens et que la Gorgone ne se rendra non sans avoir auparavant statufié la moitié du casting. C'est pas ultra trépidant, faut dire, les effets spéciaux gorgonesques n'ont pas du entamer une grosse partie du budget (on va mettre des serpents en plastique autour d'un arbre à cames caché avec un petit moteur dans la chevelure, qu'est-ce t'en penses ?), mais la production artistique est suffisamment soignée dans son ensemble pour donner à cette œuvre joliment éclairé un petit cachet coloré assez savoureux. Bah, un petit film d'horreur de la Hammer sans grande ambition, certes, mais carré, quoi. C'est pas si mal pour une fin de semaine. 

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