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Ah on savait s'amuser dans les années 70... et partir en vrille... et faire des films tape-à-l’œil... un peu creux aussi (même s'il est question de secte à la con, sujet toujours d'actualité finalement lorsqu'on voit encore aujourd'hui les évangélistes trumpistes aux States...). Je ne connaissais que la version musicale des Who que j'avais écoutée dans ma jeunesse folle... Le moins qu'on puisse dire c'est que j'ai mis un peu de temps avant de me taper le film. Indéniablement, on est dans le grand délire barge des seventies où franchement, on pouvait absolument tout oser : qu'il s'agisse du scénario un brin cramé (un gamin sourd, aveugle, et muet devient champion de flipper ; il retrouve ses sens, devient une idole puis se fait rapidement détruire par ses fans qui découvrent que ses promesse d'illumination et de liberté, ça pue l'arnaque... Toute ressemblance avec la politique macroniste est fortuite –Oups, on fait pas de politique ici, Gols va encore me taper sur les doigts). Bref, Ken Russel (cinéaste minimaliste, on le sait) fait péter les watts (la musique s'arrête jamais, je suis sourd), les artistes internationaux vintage (Turner, Clapton, Elton John...), la guest-star de luxe (Jack Nicholson, toujours les plans foireux) et les décors en mousse : ça, on peut dire qu'on ne se refusait rien à l'époque au niveau des décors ou des accessoires kitschouilles - c'est un festival en la matière...

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Bon et sinon ?

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Ah ben c'est de l'opéra-rock... autant dire qu'on joue de la gratte électrique tout du long même quand on sait pas trop pourquoi. Les scènes s'enchaînent avec plus ou moins de bonheur (Turner en prostipute experte - ouais un peu ridicule ; Nicholson en docteur es "je sais rien faire" - pas mieux ; Elton John en champion de flipper déçu - comment dire : ouais, c'est barré, c'est ça, mais ça saoule aussi rapidement) et on se retrouve toutes les cinq minutes devant des "plateaux" plus ou moins délirants qui font un peu serrer des fesses ; j'avoue tout de même une petite préférence pour la scène où la mère de Tommy encore au désespoir (son enfant, traumatisé par la mort de son père (tué par son beau-père avec l'accord de la mère quand même) n’est toujours pas guéri : il vit dans sa bulle, l’air aussi con qu’un joueur de foot – genre David Luiz) explose sa télé avec une bouteille de champagne dans sa chambre toute blanche : c'est d'abord de la mousse qui s'échappe de la télé, puis des beans (et leur sauce) plus dégueulasses puis carrément des jets de merde chocolatée - là, on sait qu'on est dans les années 70 - après ce ne sera plus jamais pareil... Alors oui, il y a un petit côté ultra-libre charmant ; dommage néanmoins que cela côtoie le grand n'importe quoi terriblement illuminé : on fait la grimace plus souvent qu'à son tour devant ces chansons un peu « cousues » à l'arrache et ces scènes qui sentent la gabegie de moyen comme pour mieux cacher la misère de la réflexion de fond. Tommy, une expérience à tenter une fois dans sa vie. Pas deux. Voire même pas forcément.

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