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Voilà un titre qui en dit long (ce n'est pas une pub pour Haribo, on s’en doute) produit en son temps par la Hammer qu'aucun sujet décidément ne rebute. Un vieux avec des jumelles, deux très jeunes filles sur une balançoire et une invitation à avoir des bonbons qui, hors-champs, part en vrille : déshabillez-vous, dansez et régalez-vous raconte la jeune fille innocente le soir même à ses parents. Ces Anglais qui débarquent en terre canadienne sont forcément fucking shocking ; problème à l'horizon malgré tout, le vieux Oldberry est à l'origine du développement de cette ville de bucherons (un Twins Peaks vintage où la vieille femme à la buche est remplacée par le vieil homme à la buche (pas si) glacée) et tout le monde ferme sa bouche pour le défendre : beaucoup ont peur de perdre leur taff, le fiston menant d'une main de fer sa petite communauté. Mais les parents de la jeune fille tiennent bon : le procès est enclenché, la jeune fille est à la barre et la vérité ne peut qu'éclater... C'est sans compter sur la fourberie de l'avocat du vieil Oldberry qui pousse la gamine de 10 ans dans ses retranchements... Les parents sont écœurés, préfèrent abandonner les poursuites plutôt que de voir leur fille traumatiser à vie et décident d'abandonner illico  cette ville de lâches. Mais le vieux, au détour du bois, n'a pas dit son dernier mot...

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Malgré la très belle photo de Freddie Francis, notamment dans les scènes d'extérieur, on est un peu frustré du déroulé de l'histoire. Rapidement, l'aspect pédophilique assez audacieux (le film fera apparemment un four : un sujet jugé alors résolument trop glauque pour le cinoche) est un peu oblitéré au profit de cet autre aspect : le combat d'étrangers contre toute une communauté qui se serre les coudes. On arrive aux scènes de procès en se disant que cela va durer des plombes et on est un peu déçu par ce récit qui traine un peu en longueur... Heureusement le dernier quart d'heure repart de plus belle avec notre vieux (Gérard Jugnot après un AVC : une bonne tête de pervers) avec cette course poursuite dans les bois entre le grabataire (et sa démarche Frankensteinienne) et les deux filles obligées de fuir sur une barque (La Nuit du Chasseur vient forcément à l'esprit même si le brouillard ou la nuit ne sont pas de la partie... Le joli travelling sur le pont alors que le bateau s'éloigne et que le vieux continue de progresser fout bien les pétoches... surtout quand on se rend compte que le bateau est attaché au ponton !!!). Le vieux tire sur la corde pour rapprocher ces proies et on cut sur le commissariat où l'alerte de la disparition des jeunes filles a été donnée... Chasse à l'homme dans les bois avec un final (La Hammer, toujours surprenante) beaucoup plus noir qu'on ne l'aurait pensé (on rentre dans le vif du sujet, clairement). Du coup, après avoir ressenti tout du long une légère impression de paresse au niveau du scénar ou de la mise en scène (trop concentrée sur des scènes d'intérieur et des discussions houleuses), cette conclusion pour le moins osée nous laisse sur une meilleure impression d'ensemble. Un film de Frankel finalement plus frontal qu'on ne l'eut cru. Ne jamais accepter de cadeaux de cette ordure de Jugnot, on le savait. Un film de la Hammer qui, après avoir tapé un peu en dehors des clous, finit par l'enfoncer. Pas si manche.

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