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On a parfois envie, hein, de regarder un bon vieux machin avec Audrey Hepburn en robes filmée dans toute sa fraîcheur et toutes leurs couleurs dans un scénario bon enfant et rieur. Eh bien boum j'ai ce qu'il vous faut pour vos soirées nostalgiques, le film à placer entre un Dumont et un Desplechin, le truc qui vous fera oublier la misère du monde : How to Steal a Million est un délicieux moment de retour en enfance, un de ces films pas super intelligents mais malins comme un singe qui vous donne pour pas un rond du bonheur pour la soirée. Comme en plus, c'est un film de casse, vous pouvez imaginer ma joie. Dans une photographie châtoyante qui vous fait fantasmer Paris comme une ville romantique, pleine de surprises, où les milions s'échangent sans que ce soit réellement important, on découvre Audrey et son papa, faussaire génial dont la dernière création, une Venus de Cellini, vient d'être exposée par un prestigieux musée. Seulement voilà, un expert doit passer pour assurer la chose, et qui dit expert dit police-menottes-prison pour daddy. La seule solution : voler la statue avant le passage de l'expert. La belle s'associe avec un cambrioleur fûté (Peter O'Toole) et leur casse sera une succession de virtuosité, d'amateurisme, de risques inconsidérés et de coups de théatre improbables. A la fin, succès et bisou sur la bouche seront au rendez-vous, pour le grand bonheur de la midinette qui dort en vous et rêve de beau voleur friqué et audacieux sur la place Vendôme.

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Le minois d'Audrey, les grands yeux bleus et naïfs de Peter, Pariss gross Pariss, les gardiens de musée français rigolos, la peinture classique, n'en jetez plus, tout y est. Wyler, en pleine récréation, se paye le film le plus glamour de sa carrière, sorte de relecture policière de Roman Holiday. Que dire d'autre à part que le plaisir est total de frémir devant les obstacles inattendus du vol, d'applaudir devant l'ingéniosité de O'Toole, de craquer devant les poses mignonnes d'Audrey, de rigoler devant la fatuité d'Eli Wallach (en contre-emploi) ou les clichés du Français de base (paresseux, éberlué, incompétent, alcoolo, à l'image de ces deux gardiens, Jacques Marin et Moustache). Si le fim met un bon moment à démarrer vraiment, avec son intro beaucoup trop longue sur les atermoiements d'Audrey quant à ce gentleman cambrioleur, une fois que le machine est lancée c'est pétillant à chaque instant ; et si les seconds rôles sont un peu fades (le père, ou ce collectionneur interprété par Marcel Dalio qui n'a pas grand chose à défendre), le duo central est en total accord, et dégage du romantisme fleur bleue en veux-tu en voilà. On sourit devant le côté sexy des dialogues, les fines allusions olé-olé des situations, on s'ébaubit devant les 11304 tenues d'Audrey, plus porte-manteaux que jamais (elle a même une tenue de femme de ménage), bref on s'amuse beaucoup devant ce petit film sans façon, sûrement beaucoup plus difficile à faire que ce que son résultat laisse à penser. Wyler n'est pas Wilder, on est d'accord, mais c'est malgré tout un excellent moment de comédie grand public.

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