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Tout chose devant ce dessin-animé qui mélange subtilement animation traditionnelle (beauté des dessins) et animation manuelle (fluidité et poésie de ces petite marionnettes). On est dans le didactique (tout comprendre sur l'exil des Palestiniens depuis l'arrivée sur leur territoire d'Israéliens un tantinet envahissants), dans la tendresse (les relations entre une chtite fille et son arrière-grand-père), dans l'horreur (de la guerre, des bombardements, des mises à mort), dans l'émotion poétique ("l'envol" du grand-père donne le meilleur rôle encore jamais donné aux pigeons). On suit avec une réelle fluidité l'évolution historique de ces Palestiniens chassés de leur paradis et destinés, semble-t-il à tout jamais, à vivre depuis dans des "immeubles" en ruines, construits de bric et de broc. Il y a le décor, terrifiant, et des êtres qui, comme des plantes vivaces tentant de pousser sur des dalles en bétons, tentent de survivre, d'espérer, de ne pas devenir fous.

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L'un des éléments principaux de l'histoire est la clé de la maison que possédait le père de l'arrière-grand-père, une clé que ce dernier confie à sa petite-fille ; si en faisant cela, on se dit que le vieux commence à sentir le sapin (du Liban), c’est également l'occasion pour la chtite d'ouvrir les portes du passé ; plusieurs personnes, aux allures dorénavant de losers, finiront par se confier à elle pour dire leur combat, leur désillusion, leur défaite ; si certaines personnes sont dépitées, avachies, ou hors du monde (le cousin sur son toit, régnant dorénavant sur les pigeons (libres, eux, de pouvoir, dans les cieux aller et... ça va bordel on avait compris la métaphore)), c'est surtout, comme finira par le comprendre Wardi, parce qu'elles ont été en leur temps humiliées, écrasées, piétinées par les envahisseurs israéliens puis par les maîtres des lieux (toute la famille de Wardi avait trouvé refuge au Liban). Les grands yeux de Wardi captent avec avidité cette histoire et la font grandir à vitesse grand V ; elle comprendra l'horreur vécue par certains (les bombardements qui provoquèrent ce sentiment de claustrophobie chez sa tante), le dégoût des autres (l'exécution d'un enfant sous les yeux de son cousin) et sera également témoin à son tour de la fin de tout un univers (l'arrière-grand-père qui casse sa pipe). C'est instructif sans être ennuyeux, touchant sans être guimauve (quelques images assez graphiques que je ne mettrais pas sous tous les yeux), poétique sans être gnangnan (avec en prime la création de tout un univers visuel relativement singulier). Bref, mardi c'est Wardi - à découvrir donc.

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