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Rashomon à la sauce western américaine qu'est-ce que cela donne ? Dès les premières images, on reconnaît la patte de notre ami photographe James Wong Howe et on est plutôt content : trois hommes, sous une pluie diluvienne, la nuit, dans un endroit isolé... Suffisamment de mystères et de regards hagards pour que l'on se demande si l’on n'est pas hors du monde, genre quelque part aux portes du purgatoire... Ritt et Howe soignent leur ambiance et même si le gars Edward G. Robinson, vieillissant, cabotine un brin, on se dit qu'on l'a rarement connu autrement et qu’on est prêt, pour le coup, à fermer les yeux... C'est plutôt après que cela se complique un peu : on connaît le principe, un meurtre, trois personnages (puis quatre), autant de versions différentes de l'histoire... C'est Newman (à tout seigneur, tout honneur) qui, accusé et menacé d'être pendu, se lance (flash-back dans le flash-back, les puristes apprécieront) dans son premier récit. Affublé d'une moustache et surtout d'un accent (hispanique) à rendre Don Patillo jaloux, on commence quand même un peu à tiquer. On sent qu'il se complaît dans ce rôle de méchant, mâlissime, mais même si cela fait partie du personnage qui aime se mettre en avant, on frissonne sa mère... Le type qui raconte comment une femme résistante, après le premier baiser, lui cède, fiction ou pas, ça coince ; on se dit que les gros clichés à la con ne sont jamais forcément obligés. Ce premier récit, tout à la gloire du séducteur et faisant passer les femmes pour des girouettes, laisse déjà un goût amer... Le problème, c'est que les versions suivantes (même celle de la femme elle-même), ne seront jamais à son avantage et feront grosso modo des femmes des donzelles dangereuses et affreusement capricieuses. La dernière version, censée être la bonne, ne nous enlèvera guère cette impression de malaise devant la chose : interpréter de façon ultra théâtrale (comme si les acteurs avaient décidé, après trois versions, de lâcher eux-mêmes l'affaire), le récit tourne un peu à la panade, faisant là encore de la donzelle un peu le dindon de la farce... Alors qu'on continue d'apprécier ce joli noir et blanc howissime et un certain sens de l'action chez Ritt (des bagarres pleines de rebondissement qui savent utiliser le décor dans toute sa largeur), on continue de faire un peu la moue devant ce petit jeu de dupes qui tourne en rond... On retrouve alors nos trois hommes du début qui se mettent à jouer les philosophes mais cela sonne de façon aussi incongrue et facile que la présence de ce bébé (!!!), véritablement tombé du ciel, venu surement au moment ultime pour tenter bêtement « d’attendrir le chaland » (on se comprend)... Bref, toute cette petite mise en scène et le délire scénaristique finissent par tomber un peu à plat. Une sorte d'outrage, on peut le dire, à la version kurosawaïenne... 

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