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Double ration d'Herzog aujourd'hui avec ce documentaire très bien troussé par Bond qui nous vient du début des années 80, juste après la sortie de Fitzcarraldo. L'occasion de voir un Werner au naturel, parlant de son inspiration pour ce dernier film sur le site de Carnac (on aurait presque pu se croiser... ah non, en fait), de le voir en compagnie de la bicentenaire Lotte Eisner pour laquelle il entreprit un célèbre trip à pied d'Allemagne en France (peut aller se rhabiller Greta Thunberg, Herzog avait dans son discours (pro-marche, anti-pollution) une ère d'avance sur cette petite chieuse), de nous parler de Dieu qu'il a réellement croisé (et il n'avait pas de chaussette - sans déconner), de football (belle foulée, un peu de traviole quand même), de ski et d'extase ou encore de son super pote Klaus Kinski - oui, bon, il avoue face caméra qu'il l'a un tout petit peu menacé quand le Klaus voulait partir du tournage de Fitzcarraldo dix jours avant le clap de fin. "Tu vois, lui dit-il alors calmement, j'ai neuf balles dans mon flingue : si tu essaies de partir, je t’en colle huit et me garde la dernière pour moi". Tout cela dit bien sûr avec une morgue herzoguienne, un sérieux papal absolument hilarant - faut pas trop gonfler Herzog. On a aussi droit au passage à une petit interview guère plus poilante de sa femme (cette bonne Martje, alors même que je me demandais si notre ami cinéaste n'était pas de la race des solitaires endurcis...) : à peine mariée à son gus, elle a vu celui-ci partir 7 mois là-bas (et revenir malade), puis 5 mois ailleurs, puis… bref elle ne le voyait jamais, à tel point qu'elle en vint à espérer qu'il exploserait avec le volcan de La Souffrière (elle a pécho le même air papal que son mari, ça fait peur, on la croit sur parole) ; elle a fini par se barrer, puis non pas vraiment, ne l'a pas vu pendant les trois ans du tournage de Fitzcarraldo, l'a attendu quand même, a vu son film et a dorénavant une certitude : elle vit (si on peut dire) avec le plus grand cinéaste vivant... On imagine en tout cas que ce ne doit pas être la fête du slip tous les soirs chez les Herzog vue leur mine d'endeuillés. Bien sûr, on a droit aussi à une petite dizaine d'extraits des œuvres d'Herzog qui se fend parfois d'un petit commentaire pour les analyser lapidairement. C'est franchement d'une très bonne tenue avec en prime le Werner sur les lieux de son enfance (à cinq ans, il flinguait les corbeaux avec des mitraillettes laissées par des nazis dans leur fuite - fun), voire même dans ce qu'on imagine sa baraque en train de se taper une bonne mousse ; vintage et solide même quand on pensait savoir déjà tout sur notre héros allemand. Bond, Jack Bond pour la BBC.

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 Venez vénérer Werner