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Houyaaa yaaargl fuu-fuuu hiiiii-chomp phu phu yaaaa humff shibaaaaa oumf yaaargl tchutchu huffff ou-yaaa-aa... La critique de Police Story pourrait presque se résumer à ça, si on voulait être paresseux et ne pas pondre notre paragraphe quotidien pour un film qui ne mérite sûrement pas plus de deux lignes. Mais abnégation et dévouement de l'artiste pour son public, je veux bien développer un peu et admettre que, dans ces extraits de dialogues cités plus haut, j'ai omis quelques répliques. Il y a aussi du "ahah". Parce que Jackie Chan, voyez-vous, c'est sa spécialité, se pique de méler le genre "kung-fu" au genre "comédie". Et c'est un festival de poilade et de billevesées en tous genres. Qu'on en juge avec cette séquence parfaitement hilarante, qui dure environ 7 heures, où notre Jackie répond au standard téléphonique de la police ; il est tout seul pour décrocher les 12 téléphones, d'où emmélage de fils, et mélange des conversations ; et d'où rires en rafale. Tout est de ce niveau au point de vue de l'écriture dans ce long-métrage qui pourrait facilement être amputé de ces 4/5èmes sans en souffrir outre mesure, au contraire : tout ce qui concerne le jeu d'acteur de Chan, son talent pour écrire des gags, sa direction, son rythme, l'essentiel donc du film, est en-dessous de tout. On reste bouche bée devant les approximations du montage (fait franchement au sécateur), la totale incompétence du gars pour décider de la place de la caméra, sa vision préhistorique des femmes, son mépris crasse pour les autres acteurs (et il y a pourtant Maggie Cheung là-dedans) ou les sorties de petit malin du compère, qui a l'air de trouver hilarante la moindre de ses grimaces outrancières, et qui traite le cinéma comme une vieille pute trop fardée : à la hussarde.

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Heureusement, on trouve dans la toute petite partie restante une raison d'ouvrir un peu plus les yeux : Jackie Chan se bat. Et là, il faut reconnaître que le gugusse se donne corps et corps dans ces pugilats divers et variés, qui voient ses adversaires passer par grappes à travers des vitrines (Jackie Chan a ouvertement quelque chose contre les vitrines, dès qu'il en voit une il la fracasse façon Godzilla), tomber lourdement des toits, faire des triples salto-arrière pour se vautrer comme des vieux flans sur le sol, ou se casser le dos sur des escaliers. Quant à notre héros, il virevolte, se tord, enchaîne les sauts de cabris, roule en moto, glisse le long des câbles, bondit par-delà les obstacles, et même quand il descend de voiture il ne peut s'empêcher d'effectuer une double-rotation ventrale. Au moins, de ce côté-là, c'est relativement plaisant, même si cette démonstration technique peut lasser aussi à force. On sourit gentiment en imaginant les ratés, les côtes fêlées et les gros vautrages de cascadeurs, et d'ailleurs le making-of, roublardement diffusé pendant le générique de fin, nous informe que là est bien l'intérêt de la chose : que Jackie ait fait lui-même ses cascades et ait pris tous les risques. Ça vous suffit ? alors ne vous gênez pas. Yaahiiiha.

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