9782072858604,0-5863689Tropique de la Violence ne m'avait pas franchement persuadé (alors que Mayotte, hein, je maîtrise), ce Ciel par-dessus le Toit encore moins (voilà, ça c'est fait). Histoire d'un jeune gars, Loup, qui suite à une petite tocade (il prend la voiture de sa mère (à 17 ans, sans permis, ce qui est franchement intolérable et je pèse mes mots (...)) pour aller rendre visite à sa sœur d'une dizaine d'années son aînée qu'il n'a pas revue, justement, depuis dix ans... Il se fait pécho, forcément, est conduit dans une maison d'arrêt pour mineurs, et pam flash-back... Pendant les deux tiers du roman, on découvre la vie peu ragoutante de sa mère (Eliette devenue Phénix, tout un symbole moi je dis), celle guère plus passionnante de la sœur, Paloma (!), et on se dit que le pauvre Loup n'était dès le départ pas né sous une bonne étoile... Mais attention, Phénix et la sœur, qui furent pendant longtemps dans une impasse sentimentale, en particulier l'une envers l'autre, sont bien décidées à reprendre les choses en main... Un petit tour du côté de la prison où le pauvre Loup, durant une semaine, hurle à la mort et puis... oups c'est fini... Appanah aime les vies cabossées et évoquer d'une plume (un peu légère, mazette) ces petites vies peu reluisantes (elle nous refait le coup du gamin qui parle avé son propre style : pas de ponctuation, alors, pour lui donner la parole, hein, forcément...) : on sent bien chez l'écrivaine une certaine empathie pour cette mère qui a dû élever, seule (ses deux mecs se sont tirés rapidement) et à la force du poignet ces deux marmots qu'elle eut tôt (d'où aussi une certaine maladresse, hein)… on ne vibre pas pour autant devant ces petites misères modernes... On a surtout l'impression que le roman, à peine commencé, s'embourbe dans ce récit du passé raconté à la petite semaine ; comme le style de Natacha (on a définitivement pas lu le même livre quand je lis ici ou là des personnes qui s'extasient devant la finesse littéraire de la chose...) est gallimardesque (post 2000) par son manque de profondeur et d'originalité, on ferme la chose en se disant que ce n'est définitivement pas le roman de la rentrée qui nous laissera le plus de trace... Natacha, une hôtesse de l'air vicié, qui s'y complaît un brin.