9782702166222,0-5864589La rentrée littéraire est bien partie pour nous donner de tout et du n'importe quoi. Un petit tour du côté du n'importe quoi avec ce roman inepte d'Erik L'Homme saisi au hasard, et qui me laisse complètement indifférent. L'Homme vient de la littérature jeunesse, et n'en déplaise à un de nos meilleurs lecteurs, je dirais que Un Peu de nuit en plein jour s'en ressent, pour le pire et pour le pire. Autant le dire : une telle solennité alliée à une telle naïveté dans le style confine à l'aveuglement pur et simple. Le roman se prend au sérieux comme pas possible, ça pourquoi pas ; mais encore faudrait-il qu'il soit correctement écrit dans ce cas-là. Or il cultive une espèce d'ésotérisme niais parfaitement poilant, et son style est un amas de clichés dans le meilleur des cas, un gloubi-boulga néofuturiste dans le pire. Je n'ai pas trop aimé.

Dans un futur proche, comme on dit quand on lit de la SF, le monde est clairement divisé en deux camps : ceux qui s'en sortent et ceux qui sont condamnés à vivre dans les caves et à se battre. Dans la deuxième catégorie se trouve Féral, mastodonte aubracois tout en muscles, devenu vaille-que-vaille un as de la "cogne". Il rencontre Livie, son alter-ego féminin et en tombe raide dingue. Celle-ci étant embringuée dans un brumeux contrat de tueuse, il faudra que Féral aille jusqu'au bout de ses forces et de sa passion pour s'en sortir et sauver sa belle. Oui, je ne vous le fais pas dire, c'est naze. Dès le départ, on sent bien que la vision de L'Homme fleure bon les éternels motifs de SF usés jusqu'à la corde ; et on sera bien vite confirmé : tout ce qui arrive à Féral et sa belle semble obéir à un cahier des charges suranné, de la psychologie (rudimentaire) des personnages aux détails de l'action, qu'on devine 30 pages à l'avance. Au niveau de l'écriture, le gars pratique un charabia ("L'amour est mélodie autant que froissements", ah oui ?) qui, c'est vrai, donne de temps en temps, une fois sur dix, des phrases étranges et originales (les pages sur la danse notamment), mais qui la plupart du temps plonge le roman dans un univers risible et idiot. Féral suit les préceptes d'un livre que lui a offert Livie, "Les Songes du Chamane", et le style ampoulé, niais et ésotérique du livre imprègne le roman lui-même, jusqu'à lui donner un aspect collégien bien dommageable (genre les phrases qu'écrivait votre amoureuse dans votre cahier de texte en fin d'année, voyez ?), et on se dit que la belle lui aurait offert un Hemingway, on aurait préféré. Bref, un roman raté, ou peut-être pas pour moi. Next.