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"Ali boma ye !!!" ; il est toujours un peu discutable d'appeler au meurtre pour vaincre sportivement son adversaire (Foreman comme un Turc) mais il est des combats qui sont dignes d'être menés et d'être gagnés... Ali c'est le challenger, celui qui défia l'Amérique, celui qui prôna un retour aux racines pré-esclavagistes, à la grandeur de ses origines... Le challenger soutenu par la foule face aux Black Foreman qui eut la malencontreuse idée de débarquer au Zaïre avec un berger allemand en laisse - il est des symboles qui ne trompent guère... Gast, pendant plus d'une heure s'intéresse aux circonstances de ce combat de légendes : ils passent en revue les stars américaines appelées en terre africaine (le sexe machine James Brown doté d'une moustache d'une belle longueur, le beau bébé B. B. King et sa voix capable de transpercer un éléphant...) des musicos qui sont en là pour donner le rythme, il donne la parole aux journalistes (Norman Mailer en tête) qui ne croyaient guère à la victoire du  grand Muhamad (remarque quand tu vois dans quel état Foreman met son sac de boxe en quinze minute, tu pleures en imaginant ton propre foie comme sparring-partner - l'un des organes les plus dignes, faut-il encore le rappeler) et puis bien sûr il est longuement question du showman Ali qui semble passer plus de temps à faire des déclarations provocantes qu'à estimer la force de son adversaire... Mais Ali, depuis le départ, semble être prêt pour gagner ce combat d'une vie...

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Quand arrive enfin le combat, on est chauffé à blanc... Après un premier round où Ali "danse", titille son adversaire, il se retrouve pendant trois rounds dans les cordes ; une séquence forcément à nouveau insoutenable pour mon foie qui hurla sa rage et sa peur. Mais le Foreman qui pense tenir sa proie dans les cordes s'épuise et Ali pourra alors ensuite faire preuve (au huitième round tout de même) de toute sa fougue, de toute sa finesse, de toute sa détermination. Et le simple boxeur devint un dieu vivant. Il est beau en revoyant ces images vintage de lire la détermination dans le regard du musulman tout comme il est bon d'apprécier son discours en faveurs des plus démunis. On sent, on sait, que le type à quatre chances sur cinq de se faire laminer mais il semble avoir ce jour-là tous les anges gardiens de la terre africaine en sa faveur (un mot sinon sur Moboutu ? Mouais, pas vraiment envie, tant le vice pour le coup se lit sur les coins de ses lèvres). Gast donne du punch à son doc avec une bande son qui dépote et en montant avec une belle énergie de brefs morceaux d'interviews des témoins d’alors et les déclarations en forme d'uppercut d'Ali. C'est l'Histoire qui se jouait alors sur un ring (Ali rappelons-le avait refusé de faire l'armée...), l'histoire d'un type qui avec ses deux simples poings cherchait à redorer le blason de tout un continent. Royal et pour le coup... édifiant.

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The Criterion Collection