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On continue de suivre la filmo du gars Perry qui continue apparemment d'écrire avant tout pour sa muse, la multicarte Elisabeth Moss. Disons-le dès le départ, le film vaut avant tout pour sa performance, rockeuse déjantée à la ramasse qui, après avoir traversé moult orages et tempêtes (hystérico-mystique), osera faire un come-back... Alors bon, c'est vrai, depuis qu'on la connaît (depuis Mad Men ce me semble), on a toujours été fan de la Moss, capable de se mettre dans la peau de n'importe quel personnage. Bien. Cela dit, et même si on risque de se faire taper un peu sur les doigts, on frôle tout de même ici un poil le cabotinage... Perry use et abuse de toutes les cordes du genre : caméra portée à l'épaule capable de suivre les moindre cahots de la star, maquillage flashy avec rimmel qui coule, coup de gueule à la limite de la folie, sang, vomi, blurp... Oui, la star Moss rebaptisée ici Becky Something, est plus connue pour ses frasques et ses délires hors scène que pour sa musique (une soupasse pseudo rock relativement décevante pour le coup... comme si la punk, once on stage, rentrait soudainement dans les clous). Toute la première partie nous fait donc suivre ses colères en coulisse contre son ex, son agent, ses musiciennes, sa mère, tout le monde passe à la moulinette de cette blondinette déchaînée et bien en chair (genre taureau Moss avant l'entrée dans l'arène) et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a comme un petit air de déjà vu, une outrance roublarde un peu trop facile. Bref, on n’adhère guère.

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La seconde partie (ou le dernier quart à vue de nez) montre une Moss post dépressive en mode "dur d'assumer toutes les conneries du passé (tout le monde lui intente un procès) mais tentons de croire un jour à un retour"... Entre petite chansonnette au piano avec sa fille (le moment doux, reposant, à défaut d'avoir franchement la grâce) et petite chansonnette à la guitare devant son ex amie musicienne,  la Moss, exsangue, tente de trouver un second souffle qui lui va finalement et paradoxalement un peu mieux au teint... Plus apaisée, cette partie post rock'n'roll est également un peu plus maîtrisée avec malheureusement un final un peu trop consensuel (et toujours de la musique soupasse peu inspirée... dommage parce que le travail sur le fond sonore - des sons un peu zarbi qui font baigner le film dans une ambiance assez malsaine - est beaucoup plus réussi) pour vraiment convaincre... D'où cette impression finale que Perry a surtout tenté d'écrire un rôle capable de faire sortir Moss de ses gonds, de la montrer sous un nouvel angle comme pour "briser son image" (pourquoi pas, même si parfois trop c'est trop) et livre au final une œuvre qui se voudrait rock'n'roll mais qui n’est que tiède et pas vraiment originale. Une odeur un peu passée.

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