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Arf le fond de la bassine qui servit à fabriquer le western, là, si vous voulez mon avis. The Painted Desert est exsangue, chiant comme la pluie alors qu'il ne dure que 75 minutes, et ne serait la présence du jeune Clark Gable dans son premier rôle parlant, on aurait depuis longtemps oublié ce film et son réalisateur (ah, ce qui est le cas, me souffle-t'on dans l'oreillette). Ça commence pourtant plutôt pas si mal, avec ces deux vieux cow-boys qui découvrent en plein désert un bébé abandonné ; au lieu de faire un carton dessus, comme aurait fait Tarantino, les deux bougres se disputent la paternité du bambin, c'est assez mignon. Cette dispute dégénère et voilà notre duo brouillé à vie. 20 ans plus tard, on les retrouve rongeant toujours leur frein, et multipliant les brimades pour faire chier l'autre (non, tu ne feras pas boire tes boeufs dans mon plan d'eau, enfoiré). Le bébé, Bill, a grandi et tente une médiation à l'occasion de la découverte d'un gisement de tungstène, mais rien n'y fait : les gusses se détestent. Bill drague la fille du camp adverse (autre intérêt du film : la gironde Helen Twelvetrees), il est tout paix et pardon, mais il aura bien du mal à réconcilier les anciens amis, et il faudra une balle dans l'épaule, une explosion de dynamite et une bonne grosse baffe dans la tête du félon du film (Gable, donc, dont il serait trop long d'expliquer le rôle là-dedans) pour qu'enfin la main de Jeff effleure la main de Cash. The end.

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Le film sort à peine du muet, et porte encore tous les stigmates de la chose : les dialogues traînent en longueur comme pas possible, il y a 3 minutes entre chaque réplique ; le son est affreux ; le jeu d'acteurs est emphatique, jamais crédible ; les personnages sont caricaturaux en diable : et on n'aura droit à aucune scène d'action, le film se contentant d'aligner paresseusement les scènes de dialogues infinies. Ce Higgin ne parvient jamais à transcender les nouvelles contraintes du parlant, persuadé que pour se justifier, il faut faire parler les gens et point final. Comme à chaque fois qu'on n'a pas grand-chose à ajouter, on parlera des jolis décors, filmés de temps en temps avec un assez joli sens du cadre, et la beauté des décors (notamment un saloon avec une grande porte qui donne sur l'extérieur, qui donne le seul plan intéressant du film : un cavalier qui arrive de l'arrière-plan alors que tout le monde picole paisiblement au premier). A part ça, que je note pour être sympathique, c'est morne plaine. Un des plus mauvais jalons du genre, aucun doute.

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