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Hosannah au plus haut des cieux : Setsuko Hara dans un film de Kinoshita, sur un scénario de Kaneto Shindô et face au gentil Shûji Sano as Kei... Franchement que demande le peuple, à part peut-être du pain ? Vous me voyez tout fondu devant cette histoire d'amour qui peine à vouloir dire son nom. Il est mécano, célibataire, a un petit pécule. Elle vient d'une famille bourgeoise (elle parle français et anglais, joue du piano : she's my girl) désargentée certes mais avec de la tenue. Kei, lui, ne semble pas vouloir s'embarrasser d'une donzelle mais dès qu'il la voit (pétard, c'est Setsuko quand même), même si elle a la tête baissée, c'est le coup de foudre immédiat sans paratonnerre. Alors oui, le père d’icelle est en prison pour une petite question d'argent, elle a l'air un peu timide, et puis d'un autre monde aussi, mais ils se donnent trois mois de test... Il l'emmène voir un spectacle de danse classique et chiale comme un gamin, il l'emmène à un combat de boxe et montre ses capacités à faire du air boxing... Setsuko, certes, n'est pas du genre ultra démonstratif, mais elle sourit mignonnement dans son coin, compatit. Ces deux-là, quoique de milieux différents, sont faits pour construire progressivement leur petite complicité... Mais cela patine... Il n'a pas l'impression, d’après lui, d'être au niveau (il ne connaît rien à la musique classique - il confond Chopin et Beethoven) mais surtout il la sent un peu froide à son égard... Oui, elle avoue qu'elle avait un fiancé, qu’il est mort en revenant de Mandchourie et que depuis son cœur est sec comme une graine... mais qui ne demande sans doute qu'à être arrosée. Kei tergiverse, continue de se torturer l'âme et l'on sent que cet amour tout fait risque malgré tout bel et bien d'avorter...

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Après une intro sans doute un peu molle, on prend rapidement plaisir à voir ces deux-là ensemble ; lui, souvent tout contrit, tentant de se maîtriser en toute occasion mais souvent un peu maladroit, elle, toujours divine, nous faisant monter au ciel dès qu'elle sourit (je suis fan, je l'ai dit déjà, non ?). C'est vrai qu'elle est parfois un peu sur la réserve mais son sourire est une offrande, sa façon de jouer du piano est du délire et... et... quand elle se lâche et embrasse à pleine bouche... le gant de Kei (on est au Japon, un peu de pudeur), on devient aussi liquide que le héros littéralement terrassé par ce geste fugace et passionné. Oui, eux deux, c'est bien possible que cela se fasse... Il leur faudra encore discourir sur l'argent, à la fois relativiser et reconnaître son importance, il leur faudra encore prendre du temps pour se mettre sentimentalement au diapason, évacuer les problèmes familiaux (gérer la famille de Setsuko, surtout sa mère, un peu braquée ; gérer le frère de Kei un peu fou-fou) et surtout il leur faudra un jour prendre leur responsabilité... Tout se jouera, sur un coup de dé, dans la dernière minute et la musique tendrement lyrique du frère de Kinoshita finira (ou pas) par emporter le morceau et un bout de notre cœur avec. Bien jolie romance (contrariée pour une bonne part) de cette fin des forties avec la présence de l'absolu féminin (oui, j'étais en manque). Kinoshita est décidément parfaitement à son aise dans ce registre sentimentalo-familial.

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