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La Hammer trousse ici un bien joli petit braquage avec un twist final des plus amusants ; même si l'on sent dès le départ qu'il s'agit de l'adaptation d'une pièce, la chose est plutôt vivante : les deux acteurs principaux en sont les grands responsables ; dans le rôle du braqueur filou André Morell est nickel : de bien jolies moustaches et un costard qui lui permet d'attirer un certain capital confiance ; le type est suave, presque gentleman - sauf quand il se met à hausser la voie et à proférer quelques sales menaces (tu fais un mauvais geste, tu revois jamais ta femme et ton gosse) ; face à lui, le dégingandé Peter Cushing est excellent ; trempant dans sa sueur et son angoisse de bout en bout le type se doit de garder les apparences même quand il panique. Plus Morell donne des directives tranchantes, plus Cushing se liquéfie. On a l'impression d'assister à un joli petit jeu du chat et de la souris avec une souris prise dès le départ dans le piège. Le chat ne cesse de lui tourner autour, de l'invectiver, de lui mettre la pression pour que tout se déroule selon le plan prévu, tout en douceur, sans arme, sans violence ; un casse de grande classe en attendant forcément, lors des 15 dernières minutes, le petit hic final. Morell pourra-t-il tenir son équipe pour que le braqueur ait le temps de filer au loin ? Rien n'est moins sûr vu le trac du type. Il risque bien de mettre en péril sa petite famille à moins qu'il tombe dans un piège encore plus gros...

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C'est du bon vieux huis-clos des familles avec un seul décor qui coûte pas cher, certes, mais on sent tout de même quelques sympathiques petits fignolages : de la neige qui tombe à gros flocons de bout en bout, une caméra qui ose faire quelques jolis mouvement entre les meubles, et des personnages secondaires avec la gueule de l'emploi (du gars Pearson (Richard Vernon) en employé un peu benêt (quoique… pas un foudre de guerre, en tout cas, en apparence) au détective Mason (Kevin Stoney) avec ses faux airs de Melville et son ton grave). En à peine soixante-dix minutes, la petite chose est emballée mais avec suffisamment de rythme et de rebondissements (le final joliment troussé) pour que l'on passe un bon moment. Joli coup de la Hammer toujours au taquet dans le film de "genre".