vlcsnap-2019-05-12-07h22m41s018

J'aime bien Louis Garrel ; j'ai d'ailleurs un voisin qui lui ressemble et qui est très sympathique. Bien. Que dire sinon de cet Homme fidèle ? Une impression constante, excusez-moi du peu, de quelque chose de bancal... On peut à la fois être amusé par les petites mines de Garrel (toujours une maîtrise parfaite du haussement de sourcil ironique), la maturité épanouie de Casta et la vivacité fougueuse de Lily-Rose et totalement attristé par une impression générale de manque d'authenticité, d'un côté surfait (en place, moteur, minauderies !) sur un scénario (de Carrière...) affreusement tiré par les cheveux. Dès la première scène, on peut sourire devant un Garrel tout content d'interpréter semble-t-il ce personnage pris de court (sa compagne lui annonce entre deux portes qu'elle est enceinte... mais pas de lui... et qu'elle va se marier... et qu'il doit donc se barrer de son appart rapidement - tout cela entre personnes bien élevées, gentiment, sans tension, à la parisienne désabusée) et faire la grimace devant ces champs-contre-champs qui manquent de liant, voire qui sonnent terriblement faux. Ce qui se confirmera d'ailleurs tout au long du film, cette impression d'artifice. S'il faut reconnaître chez Garrel fils la volonté d'apporter un petit vent de fraîcheur avec des (jeunes) acteurs et des (belles) actrices plutôt expressifs, il est difficile de totalement marcher dans cet œuvre ramassée (soixante-dix minutes) bourrée de petits défauts techniques : un montage très haché, une musique qui s'invite à chaque silence comme pour meubler, une voix-off intempestive et anarchique (on passe d'un personnage à l'autre sans aucune unité narrative), ou encore ces cadres parfois tout tremblants (Lelouch junior atteint de Parkinson à la caméra ? Certaines scènes en intérieur semblent être filmées sur un pied... - sans mauvaise foi aucune : rarement vu un tel amateurisme même dans un film français moyen...). Bref, on a plus l'impression d'assister à un vaudeville monté à la va vite qui permet, certes, aux acteurs, enfin surtout Garrel, de s'éclater à balancer des petites répliques avec un air plus ou moins comique, pour ne pas dire burlesque, qu'à un film d'auteur "travaillé" : la psychologie, l'expression des sentiments sont à peine ébauchées et toute émotion est absente... Même la scène finale (un clin d'œil au Dernier Métro ? non, j'extrapole un peu trop, je crois, à vouloir trouver des références là où il n'y a rien) qui pouvait être touchante est totalement ratée : encore une fois à cause du montage (ce faux-raccord lorsque les deux personnages se prennent la main : là encore, on a plus l'impression que c'est "mal fait" que vraiment voulu) et d'un choix de "mise en scène" discutable : la présence de ce quatrième personnage ne sert à rien (Lily, tu veux pas aller cueillir des pivoines ailleurs ? Elle est jolie ta frimousse, certes, mais là tu sembles un peu en surplus...). Bref, circonspect devant cette petite chose qui ne pèse pas lourd... Un amusement parisien sans conséquence.

vlcsnap-2019-05-12-07h23m07s227