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J'aime beaucoup ces films où le mec se réveille avec plus personne (mais alors vraiment plus personne) autour de lui ; les rues de Rome (le quartier de la Lazio) sont jonchées de cadavres et les monuments peuvent reprendre toute leur grandeur inutile, pas emmerdés qu'ils sont par les gens. Mais que s'est-il passé bon Dieu pour que Vincent Price se retrouve seul au monde ? Eh bien croyez-le ou non, mais, on a deux phénomènes plutôt pas courants qui se sont alliés pour décimer l'humanité (c'est le début d'un long flash-back remettant le nostalgique Vincent au sein de sa petite famille trop parfaite) : d'une part un virus (genre peste) propagé par le vent (tu deviens aveugle et puis pouf tu meurs) s’est répandu à vitesse grand V et ensuite, deuxième effet kiss cool pas cool du tout, toute personne touchée s’est transformée en mort-vivant - résultat : aucun survivant sauf Price (et pourquoi lui ? C'est le clou du spectacle que je livre pour la bonne bouche : une morsure de chauve-souris lors d'un voyage effectué au Panama l'aurait sans doute, alors, vacciné (je ne m'en suis toujours pas remis et hésite depuis à faire un tour au Panama pour parer à toute éventualité future). C'est de loin la partie la plus fendarde de la chose, ces morts-vivants : tous les soirs une horde de zombies viennent emmerder Vincent (« join us, join us ») en tapant comme des nonnes malades sur sa porte avec un bout de bois ; ce qui est assez drôle c'est qu'ils sont plus morts que vivants, les gars, une simple pichenette pouvant les faire valser. Price reste peinard derrière sa porte à se tourner les pouces, ayant tout de même équipé sa porte d'ails et de miroirs, objets obligatoires a minima pour foutre la trouille à ces zombies-vampires - on se dit que les scénaristes, dans les sixties, étaient quand même prêts à raconter n'importe quoi, à faire tous les amalgames, pour nous parler de la fin du monde. La vie de Price est pas franchement passionnante, le gars étant occupé le jour à faire le plein de sa bagnole puis à décimer deux trois guignols croisés dans un recoin avec un pieu avant de les mettre au feu dans une décharge. C'est un brin ennuyeux mais on apprécie à sa juste valeur cet environnement italien débarrassé de toute pollution humaine.

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Price croisera un chien, puis une femme (une autre survivante !!! Le titre original serait-il faux ?) et ces deux rencontres synonymes, pense-t-on, d'espoir, conduiront malheureusement notre homme au fond du trou (il y a du double sens, voire du triple). Une fin définitivement noire, comme on les aime, rayant de la carte tout être humain "original". Ce n'est sans doute pas le film de science-fiction qui fera tomber de son piédestal 2001, mais on passe un bon moment grâce notamment à la photo et au cadre toujours soignés de ce bon Franco Delli Colli. Price reste le champion du monde des regards inquiets, joue du sourcil en maître et aime sur la fin à vider son visage horrifié de toute émotion (faut dire que le gars va de Charybde en Scylla : impossible de trouver la joie en vivant seul et impossible de trouver la paix avec cette survivante (et surtout ses potes…) qui sortent de nulle part). Un bon petit film de genre de derrière les fagots (jamais entendu parler de la chose auparavant, merci les gars de KG pour la découverte), parfait pour un dimanche de pluie sans âme qui vive dans les rues ou tout simplement pour un 8 mai pour faire écho aux Champs désertés.

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