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Redonner une vie à une chose morte, c'est le pari de ce Mandico toujours aussi bariolé, barré, original, animé. Le plaisir, d'abord, de retrouver l'hartleyenne Elina Löwensohn en chasseresse d'animaux morts : un lièvre, un chien, un cheval, une femme, la belle Elina entre deux âges, magicienne des sentiers fleuris, photographe sinon aussi, leur redonne vie d'un clic ou plutôt en plusieurs clics. Elle ramasse ces cadavres dans des champs multicolores ou sous des lumières tromboscopiques, elle les étale proprement sur sa table de travail et leur redonne vie avec son appareil photographique en multipliant les prises. Voilà, voilà, c'est ce que ce Mandico-là propose, avec toujours une petite attention sur l'impact visuel (ce cheval suspendu entre ciel et terre, by night, une image digne d'un Bela Tarr ; cette maison qui suinte, qui semble pleurer des larmes noires comme pour être au diapason de son propriétaire qui vient de perdre sa compagne (pense-t-on sans forcément vouloir en être sûr)). Il y a quelque chose de respectueusement cérémonieux dans cette façon de s'emparer d'une chose morte, rigide, inerte et de vouloir lui redonner vie en un flash, en quelques flashes, comme s’il s’agissait d’une sorte de clinique cinématographique (j'ai pas encore pris l'apéro mais j'y viens). Bref, un Mandico pléonasmiquement stylisé qui s'appuie mine de rien mais avec toujours sa même touch sur les bases du septième art. Encore un court qui vient semble-t-il de nulle part et qui dynamite un brin ces productions françaises trop sages. Mad Bert is back.

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