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Mine de rien, c'est le troisième film de Fede Alvarez que nous voyons, et vu son tout petit talent, ils serait peut-être temps qu'on se calme. The Girl in the Spider's Web est une catastrophe. Tout y est raté. Dans une lumière bleuâtre absolument vomitive, on assiste aux aventures rebattues et courues d'avance de Lisbeth Salander, héroïne désormais célèbre si on est un lecteur de la saga de Stieg Larsson. La belle est embringuée dans un complot compliqué que Jack Bauer aurait résolu en un épisode, une histoire de site internet qui donne accès à la défense nucléaire blabla on s'en fout. Tout l'intérêt de la chose est de voir comment elle va s'en tirer, et de découvrir comment Alvarez va réussir à donner de l'épaisseur à ce personnage (très caricatural déjà dans les romans) au milieu du grand barnum des scènes de baston et des effets spéciaux à écrans verts. Comment vous dites ? De l'épaisseur au personnage ? ahah, mais non, le tout est de rentrer du fric, coco, pas de travailler sur les personnages. Lisbeth, interprété par l'actrice la plus transparente qu'Alvarez ait pu trouver (Claire Foy), devient une espèce de super-héroïne à laquelle ne manque que la cape. Brimée par son père, elle compense son passé de femme battue par des actions punitives envers les hommes violents, façon Batman. Quand lui est confiée cette mission, son ubiquité, son invulnérabilité, sa sur-intelligence sont multipliées par 12, et la voilà jouant aux échecs tout en menaçant une armée d'espions avec son flingue tout en plongeant dans des trous ça-comme tout en résolvant un complexe problème informatique tout en sauvant le monde. Le tout est tellement noyé sous un déluge de plans (dont la plupart durent un centième de seconde) qu'on ne distingue de toute façon pas grand chose, sauf les éternelles transparences moches qui semblent être l'apanage du cinéma d'action moderne. Mais tout de même : comment Alvarez parvient-il à fabriquer des scènes de baston aussi ratées, et à transformer son polar en ersatz de Jason Bourne à la con, ça reste un mystère. Pour faire croire qu'il a réfléchi à sa narration, il tresse là-dessus de sombres histoires de passé familial jamais crédibles, et multiplie les invraisemblances pour que tout ça colle ensemble. C'est une bouillie visuelle, un grand n'importe quoi de scénario, et on dirait un des ces films fauchés qu'on trouve parfois directement en dvd. Effrayant.

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C'est encore une fois Cinetrafic qui a organisé ce complot artistique contre Shangols. Qu'ils en soient remerciés tout de même avec le respect dû. L'éditeur est Sony Pictures France, le truc existe en DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffrets Millenium et VOD depuis le 14 mars (le site et la page Facebook). Le catalogue des films de cette année de Cinetrafic et les films anglophones 2019 sont à cliquer ici.