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Avoir 25 berges et réaliser un film de grand-papa usé est un exploit ardu, mais réussi pour Romain Laguna. Premier film déjà élimé jusqu'à la corde par des années de cinéma français pudique et sobre, Les Météorites restera aussi longtemps que son titre dans le ciel du cinéma. C'est un film sans style, bourgeois, confortable, qui cherche à s'inscrire coûte que coûte dans cette histoire pourtant bien dommageable du 7ème art confit de satisfaction : c'est propre, bien fait, ça passe 1h30 au chaud, mais il n'en reste rien. 8000ème film de l'année sur l'adolescence qui s'en va, ma pov'dame, (on a beau bien aimer le thème, trop c'est trop), voici donc quelques semaines de la vie de Nina, fille ordinaire qui, un soir, voit passer dans le ciel de l'Hérault, une météorite. Elle est la seule à l'avoir vue, ni sa meilleure amie, ni son petit ami du jour, ne l'écoutent rééllement. Si bien qu'on se dit que cette météorite pourrait bien, voyez vous ça, être symbolique. Ce que Laguna s'empresse de confirmer, chargeant son film d'allégories lourdosses (genre : Nina attend les résutats d'un test de grossesse et trouve, ohohoho, la mue d'une cigale) pour bien nous faire comprendre son sujet : c'est difficile de grandir, de devenir femme, d'affronter cette vie tout en gardant quelque chose de son âme d'enfant. OK, mais c'est bien difficile aussi de garder l'oeil ouvert devant ces séquences déjà vues dans tous les films récents : quel que soit le moment où vous l'ouvrez (l'oeil), vous tombez sur un de ces éternels plans à l'épaule sur-exploités, entendant capter l'énergie de la comédienne (plutôt talentueuse, cela dit) en fixant sa petite frimousse butée, le tout bien entendu dans des dialogues inaudibles (on est dans le cinéma français). On reconnaît à Laguna un certain talent pour figer sa trame, la laisser advenir doucement ; on reconnaît aussi que ses paysages sont très beaux, le film s'inscrivant avec force dans un territoire de montagnes perdues battues par le vent. Mais hormis ces deux qualités, il manque à peu près tout ce qu'il faut pour faire un film, et un film jeune qui plus est : la fièvre, l'audace, le style, l'insolence, le regard, l'envie, et le talent.

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