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Quand votre film tient sur les deux dernières minutes, il faut que vous soyez doté d'un sérieux sens du suspense pour parvenir à capter votre public jusqu'à la résolution finale. C'est malheureusement ce dont semble être dépourvu ce Stuart Hazeldine, qui réalise (mal) un film comme d'autres ouvrent un escape game. On est plus admiratif de l'imagination des scénaristes, qui ont su, c'est vrai, inventer un final surprenant, que par le déroulement du film, qu'on passera en pensant à autre chose. Bon, ceci dit, l'imaginaire des gusses est si tordu que ça fait souvent verser Exam dans l'abstraction pure ; la situation de base ne semble être qu'un jeu de l'esprit rattaché à rien de concret, et on assiste à un film qui tient plus du casse-tête chinois que de la trame crédible. Ça raconte un groupe de candidats à un mystérieux poste d'élite, convoqué pour un examen ultime : il faut répondre à la question. Mais quelle question ? il va falloir qu'ils résolvent cette énigme, en s'engueulant si possible, voire en se menaçant d'armes à feu, avec pour seule consigne qu'ils ne doivent pas sortir de la pièce (ce qui évite un budget décor trop important). Ça y va sévère de la supputation : tiens, et si on pétait les néons ? et si on déchirait la feuille d'examen ? et si on assommait un acteur ?  ce genre de choses. On comprend peu à peu que le film est dystopique, puisque la société au-dehors de ces murs est envahie par un virus mortel, que l'entreprise en question est censée endiguer. Les deux dernières minutes, donc, donneront la solution du mystère à base de "Non ? pas possib', incroyab', et moi qui pensais...", ce qu'on appelle un film à twist.

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C'est bien joli, mais on s'en cogne. Les personnages sont si caricaturaux, confinés d'ailleurs ouvertement chacun dans son rôle (le black, la blonde, l'intello, etc.) et si peu aimables qu'on les regarde se déchirer avec une indifférence totale. Hazeldine se montre totalement incompétent pour doper ce scénario de malin écrit par un lycéen (les dialogues, mon Dieu !). Comme on sait que rien ne nous sera lâché avant la toute fin, on regarde ces braves gens s'engoufrer dans les fausses pistes en sachant d'avance qu'ils vont à l'échec, ce qui désamorce toute surprise. Tout ça est monté et éclairé au petit bonheur, dirigé au plus rapide, produit d'un oeil distrait, et on attend gentiment que le temps passe, pas ennuyé, non, mais dans un état de somnolence latent. Le seul truc appréciable, finalement, c'est d'avoir réussi à faire un film avec 3 dollars et 23 cents, le concept (huis-clos) étant relativement réussi. Pour le reste, passez tout ça en accéléré, et ne regardez que la fin.