mission-impossible-fallout

Tom Cruise saute dans le vide, s'accroche aux hélicoptères, subit des accidents de moto, court dans les rues de Paris, se prend des mandales à décorner une armée de boeufs, est trahi par la jeune bombasse, se trouve au milieu de fusillades impossibles, tombe des falaises, désamorce les bombes à la dernière seconde, dérape en bagnole, se noie à moitié, subit des revers amoureux, doit réfléchir en quelques secondes à une décision qui changera le sort du monde, manque de s'écraser toutes les deux minutes, saute des repas, sort des petits couteaux planqués dans sa manche, serre les dents, est en plein jet-lag, fait du bateau, est confronté à des méchants qui balancent des phrases à la Paolo Coelho, contemple des cadavres, achève des vilains, doit absorber des informations compliquées en dix secondes, culpabilise, démonte des toilettes publiques, balance des petites vannes, a des rendez-vous avec des espions à l'autre bout de la terre, fait du parachute sans parachute, se foule une cheville,... D'où vient qu'on s'en cogne ? Peut-être du fait que ce cinéma hors d'âge, simple montage d'images sans sens devant des écrans verts, trahit un système qui ne cache même plus son cynisme ; peut-être du fait que Cruise, 67 ans, a un jeu de plus en plus figé, engoncé dans sa propre image dont il n'arrive pas à sortir ; peut-être du fait que McQuarrie est affligeant, compensant sa totale absence de mise en scène par des images léchées qu'il balance façon métronome toutes les demi-secondes ; peut-être du fait que le film est nul, ne sert à rien, a oublié toutes les leçons de De Palma... Vision : impossible.