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Laurel et Hardy ne font pas partie de nos idoles, et ce n'est pas ce film pataud qui va redorer leur blason sur ce blog. Les deux compères n'ont jamais réussi à trouver un metteur en scène digne de leurs trouvailles, et leurs pitreries datées en ressortent comme toujours privées de sève et de rythme. Certes, on sourit souvent devant les singeries de Laurel, surtout quand il pleure (il prend alors une voix de crécelle absolument impayable) ou quand il réagit aux bourrades de son acolyte : avec un air de parfait abruti, avec une acceptation bonnasse impeccable. On peut aussi, à la rigueur, ricaner devant la maladresse de Hardy, ses élans de matamorisme ridicules, son orgueil et son côté souffre-douleur (c'est en général lui qui ramasse les tartes à la crème à la place de Stanley). Certes, mais il n'empêche que cette histoire de jumeaux surfaite est filmée avec des semelles de plomb par Lachman, qui n'a strictement aucun sens du tempo. Or il en fallait pour faire passer ces gags pas très fins la plupart du temps, à base d'épouses acariâtres, de courses-poursuite et de gâteaux à la crème en pleine tronche. Les scènes s'étirent jusqu'au déraisonnable, notamment celle finale, censée être le point culminant du film, où les deux zigues sont transformés en culbuto géant : 42 minutes de grimaces effrayées et de cris d'oie, c'est trop long. A part à un ou deux endroits, où Laurel fait preuve d'un peu d'invention comique, les gags sont annoncés trois minutes avant, cherchant la complicité du public avec beaucoup trop de volonté, et sont conclus avec force mimiques pour bien nous faire comprendre que c'était bien là qu'il fallair rire. Quant au scénario, il est considéré comme accessoire : les deux compères se voient affublés de frères jumeaux tout aussi neuneus qu'eux, d'où force quiproquos et moult bévues qui les feront rencontrer la mafia locale, des femmes hystériques, un capitaine louche, des flics épais, bref la panoplie habituelle. On cesse très vite de s'intéresser à l'histoire pour ne plus regarder que la mécanique mise en place ; et comme elle est bien rouillée, ou pleine de grains de sable, on soupire un peu en attendant la fin. Tout vieillit.

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