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Oui, alors je sais ce que vous allez me dire : ce film est super mainstream, tout branquignolle, plein de gadgets inutiles et on devine le coupable à la 7ème minute. Alors moi je réplique : ok, mais n'empêche que je me suis laissé prendre au côté ludique de l'affaire, et, tout en reconnaissant qu'on est pas là chez Tarkovski, j'ai bien marché à cette trame domestique pleine de suspense. Moi, les polars, hein, ça me surprend toujours (non ? me dites pas que c'est la femme de chambre qui a tué ? et moi qui soupçonnais le jardinier...) Aussi j'ai ouvert bien grand mes deux mirettes et j'ai bien apprécié ce petit polar retors à rebondissements (parfois un peu tirés par les cheveux), d'autant que Chaganty choisit pour nous le narrer un biais original : tout le film est vu à travers les écrans d'ordinateur du personnage principal qui, en surfant sur Google, en fouillant Facebook, en remontant des pistes sur GPS, en se tapant des vidéos sur Youtube, parvient à démêler l'écheveau de l'enquête. Il s'agit pour lui de retrouver sa fille : fugueuse ? enlevée ? Il recoupe donc toutes les informations qu'il peut glaner sur le net, et peu à peu précise les tenants et les aboutissants de la chose. Non seulement ça tient à peu près le coup au niveau du scénar, et on assiste avec lui aux fausses pistes, aux pages fermées par des mots de passe, aux petits indices semés par les amis Facebook ; mais en plus ça donne au fim un aspect assez labyrinthique, un côté 2.0 qui marque des points. C'est laid, certes, et, obnubilé par son truc, Chaganty oublie un peu tout le reste, à commencer par la direction d'acteurs. Certes aussi, le film ne va pas loin du tout dans la réflexion, alors que cette idée aurait pu donner lieu à un questionnement sur le caché à l'ère du tout-montré, ce genre de choses. Mais on apprécie ce film malin et connecté, qui s'avale comme un bonbon Haribo (en terme de goût et de rassasiement, on ira pas plus loin) et qui se suit comme un exercice de style inspiré et haletant. Et ça me laisse un espoir de retrouver Christine, ma première amoureuse ; je m'inscris dès maintenant sur Snapchat.