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Pas terribles, franchement, je les ai trouvés, ces enfants. Si cette pauvre Nicole Stéphane est proprement horripilante (je ne ferai aucun commentaire mesquin sur son physique, elle n'en a pas) en sœur forte en gueule qui s'écoute parler, le reste du casting ne vaut guère mieux. Melville, qu'on a connu plus inspiré, livre une mise en scène ultra engoncée, un film plus bavard qu'un Rohmer et ce avec des acteurs qui semblent la plupart du temps ne jouer que pour eux. La voix off de Cocteau tout fier de réciter ses propres mots poético-métaphisico-rococo finit par glacer le sang... L'histoire, elle, de ces enfants terriblement gâtés, tient sur une pochette de veste : une sœur aime son frère (fragile comme une quiche : une boule de neige dans le torse et le type tombe dans le coma), le protège, le surprotège, l'empêche d'être amoureux, l'étouffe, à petit feu - bref, ça sent forcément la tragédie sur le fil. Avant d'en arriver là, on aura eu droit à d'interminables discussions oiseuses entre les deux jeunes gens qui passent leur petite vie étriquée à se regarder le nombril. Un ami passera, inconsistant, une amie passera, inconsistante, un mari passera, très rapidement - permettant à la sœur, jeune veuve, d'hériter d'une immense fortune (déjà qu'elle en branlait pas une...) et d'acquérir une maison de la taille d'un porte-avion. Il n'y a bien que les carreaux de ladite maison qui m'ont plu, faisant comme bizarrement penser avec quelques années d'avance à Twin Peaks (l'inspiration de David Lynch fait feu de tout bois).

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Dès les premières séquences, on se dit : mon dieu, quelle horreur que ce théâtre filmé et ces personnages puants qui hurlent leur dialogue pour imposer leur toute petite vue d'esprit. Nicole Stéphane (j'en remets une couche) est détestable aussi bien sur le fond (plus castratrice tu meurs) que sur la forme (un brushing qui prête à rire, un regard vide, une arrogance de jeune militant macronien). On se bouche les oreilles à chacune de ses apparitions mais cela n’empêche point de se taper les jérémiades bêlantes de son frère (un brushing tout aussi décadent) comme s'il cherchait à imiter Bayrou un jour d'Aïd. Trop, c'est trop, ces petites discussions bourgeoises deviennent vite terriblement étouffantes et Melville semble prendre un malin plaisir à nous enfoncer la tête sous l'eau : quasiment aucune scène de respiration en extérieur, si ce n'est l'accident de bagnole (un plan qui a un certain charme macabre). On a qu'une envie, c'est que le frère et la sœur meurent dans d’horribles souffrances l'un et l'autre et l'on sera bienheureusement récompensé sur la fin. Vieillot, vieilli, un cinéma de plâtre - avec tout le respect qu'on doit au Jean-Pierre et au Jean.

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